L’accès à l’avortement est de plus en plus difficile, alerte le Planning familial, dans un baromètre publié le lundi 28 septembre, Journée internationale pour le droit à l'avortement. Depuis que le droit à l’IVG a été inscrit dans la Constitution, le 8 mars 2024, il est paradoxalement plus compliqué de pouvoir l’exercer, notamment à cause du manque de personnel et des déserts médicaux, selon cette enquête. « La protection juridique du droit à l’avortement ne suffit donc pas à garantir son effectivité sur l’ensemble du territoire », observe l’association.
« Plus de 20% des femmes et des personnes qui avortent sont obligées d'aller dans un autre département »
Sarah Durocher, présidente du Planning familial
« Des obstacles importants » à l’avortement « persistent », affirme l’association. 3 femmes sur 4 qui ont avorté dans un établissement de santé ont attendu plus de 7 jours pour obtenir leur rendez-vous, contre 54 % en 2024, selon cette enquête. Or, la loi prévoit un délai d’attente maximal de 5 jours. Le Planning familial demande un allongement du délai légal pour pratiquer une IVG, de 14 à 22 semaines, « comme dans d'autres pays européens » comme l'Espagne ou les Pays-Bas, indique la présidente du Planning familial, Sarah Durocher, sur France Inter, ce lundi.
Supprimer la clause de conscience des médecins ?
De plus, une femme sur deux indique qu’un professionnel a refusé de l’accompagner pour l’intervention, contre 27 % en 2024. La clause de conscience des médecins, spécifique à l’IVG, « participe à la stigmatisation d'un acte », estime Sarah Durocher qui appelle à "un changement de culture » pour « faire en sorte que l'avortement soit un acte comme les autres » et à la suppression de cette clause. 40% des femmes qui ont avorté, répondantes de l’étude, affirment que les pressions autour du choix d’avorter leur apparaissent comme le premier frein à l’accès à l’IVG.
Autres apprentissages de cette enquête : environ 1 femme sur 5 n’a pas eu le sentiment d’avoir pleinement le choix de sa méthode et près d’1 femme sur 4 ne s’est pas vu proposer d’antidouleurs au moment de son IVG.
Fracture territoriale
Le principal frein à l'accès à l'avortement est la ruralité et les difficultés d'accès géographiques pour 89% des personnes interrogées, devant le manque d'information (76%) et le manque de structures et/ou de professionnels (60%). Le planning familial dénonce « une véritable fracture territoriale, avec un accès généralement plus difficile en zone rurale et éloignée des grandes villes ». Il pointe également des « inégalités sociales » dans l’accès à l’IVG pour « les personnes disposant de moins de ressources ou de possibilités de déplacement ».
« Il faut savoir que plus de 20% des femmes et des personnes qui avortent sont obligées d'aller dans un autre département », affirme Sarah Durocher, qui souligne que « quand vous fermez une maternité, vous fermez un centre d'interruption volontaire de grossesse ».