La consommation d'hypnotiques et d'anxiolytiques en hausse, coloscopies et vaccinations en baisse

Depuis le début du confinement, la Caisse nationale d'assurance maladie ainsi que l'agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) étudient la consommation de médicaments, qui révèlent des retards dans la prise en charge de pathologie qu'il sera impossible de rattraper. 

L’effondrement de la consommation de certains médicaments pendant la période du confinement, et au-delà, jusqu’au 13 septembre, semble difficilement rattrapable, établit le groupement scientifique Epi-Phare constitué par la Cnam et l’ANSM. Pour ce faire, ce groupement s’appuie sur le 4e rapport rendu public, qui analyse la consommation de médicaments entre le 16 mars et le 13 septembre. « Réalisée à partir des données nationales de remboursement de l’Assurance Maladie, cette étude compare, pour 57 classes thérapeutiques, le nombre de personnes ayant eu une délivrance remboursée », détaille Epi-Phare dans un communiqué. 

Ainsi, le groupement a constaté une baisse importante de prescription de ciclosporine, un immunosuppresseur prescrit dans la greffe d’organes, de l’ordre de 7200 ordonnances de prescription en moins. 

Idem pour les produits pour les diagnostics médicaux par endoscopie ou imagerie, « indispensables pour diagnostiquer certains cancers ou maladies graves en poussée ». Les baisses de prescriptions annoncées sont vertigineuses : - 250 000 préparations pour la coloscopie, -500 000 injections pour les produits iodés, -280 000 utilisations de produits de contrastes. 

Dans une moindre mesure, le groupement constate aussi un déficit de mise en route des traitements. « Sur une période de 6 mois à partir de mi-mars, la baisse de l’instauration atteignait ou dépassait -10% par rapport à l’année précédente pour les statines, le furosémide dans le traitement de l’insuffisance cardiaque ou rénale, les antiagrégants plaquettaires, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion suspectés au début de favoriser la Covid-19 et les anticoagulants », analyse Epi-Pharm. 

Les produits qui nécessitent l’intervention d’un professionnels de santé sont aussi en baisse : « -75 000 doses pour les injections intraoculaires d'anti VEGF dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ou dans l’œdème maculaire diabétiques (-4 000 instaurations), -14 000 poses de dispositifs intra-utérins (stérilets) avec progestatifs. »

La vaccination ne se porte pas mieux : « Vaccins penta/hexavalents pour nourrissons (-40 000 doses), vaccins anti-HPV (-150 000 doses), vaccin ROR [Rougeole-Oreillons-Rubéole] (-130 000 doses), vaccin antitétanique (-620 000 doses). »

En revanche, deux classes thérapeutiques de médicaments des troubles mentaux ont vu leur consommation augmenter en flèche : les anxiolytiques (+1,1 million de traitements) et les hypnotiques (+480 000 traitements). La consommation de médicaments pour les pathologie chroniques est restée sensiblement stable. 

Consultez l’intégralité du rapport ici. 

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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