Covid : la biologie médicale mise sur le devant de la scène

Tous anti-Covid, et les laboratoires aussi. Depuis le début de la crise, toutes les professions médicales se sont retroussées les manches pour combattre un ennemi commun, la Covid. Lors d'une conférence de presse, l’Association pour le Progrès de la biologie Médicale (APBM) est revenue sur la place des biogiolistes, dans la crise mais aussi au delà.  

Une lutte organisée dans la précipitation. La Covid a éprouvé toutes les sphères des professions de santé. Souvent dans l’ombre, les biologistes ont occupé une place particulièrement importante dans ce combat.

« Tester, alerter, protéger. Tout commence par tester », entame Dominique Lunte, Présidente du réseau, Les Biologistes Indépendants (LBI). Un lourd défi rapidement lancé par le gouvernement, qui a voulu atteindre les 700 000 tests par semaine à la fin du mois d’avril 2020. Un objectif de taille, mais relevé par les laboratoires qui ont même fini par atteindre les 2 millions par semaine au moins de décembre et jusqu’à 4 millions en deux jours les 22 et 23 décembre. Tout en devant délivrer les résultats en 24h.

Des enjeux se sont nécessairement révélés à ce moment. « En mars 2020 au début de la pandémie, on est parti de rien. Nous n’avions pas de masque pour protéger les équipes, nous ne savions rien de la virulence de l’épidémie, nous n’avions pas d’effectifs suffisants, ni de matériel », se rappelle Dominique Lunte. Des difficultés d’approvisionnement, dues à un défaut de production sur le sol français, ont également perturbé la mise en marche. « On partait de zéro et les objectifs sont fixés à 700 000 tests par semaine. Or, il n’y a pas de production par des entreprises françaises, ce qui nous a pénalisé. Les pays producteurs ont gardé pour eux, cela a donné lieu à un bras de fer permanent pour s’approvisionner », poursuit-elle.

En toile de fond également, un enjeu social : « les biologistes privés ont recruté rapidement et massivement. Et on a réussi à atteindre cet objectif. Quand l’épidémie a explosé, nous n’étions assez pour faire face, il a fallu intensifier nos prélèvements, créer des drives, on a recruté du personnel, fait des partenariats avec des infirmiers libéraux ou encore la Croix Rouge ». Et à chaque étape, de nouveaux challenges comme le déploiement des tests salivaires ou encore l’apprentissage du séquençage dans la course contre les variants. Là encore il faut s’adapter et rebondir vite.

Mais si la crise a permis de mettre en lumière les acteurs de cette branche, le rôle de la Biologie Médicale va au-delà de la crise sanitaire. 70% des diagnostics sont posés avec leur participation. Si l'APBM a su se réorganiser en temps de crise, elle souhaite aujourd'hui que cette pratique d'urgence lui serve d'expérience pour aller plus loin dans sa pratique. Généraliser l'utilisation de certains tests et séquençage pour mettre ces examens au service d'autres maladies, comme certains cancers ou dépistages de maladies génétiques, qui demandent du savoir-faire et une grande expertise. Réussir à voir au delà de la crise Covid pour une meilleure prise en charge des patients et continuer ce travail d'équipe, toutes professions et tous secteurs confondus. 

Portrait de Constance Maria

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