© Midjourney x What's up Doc
Après la condamnation de Joël Le Scouarnec à vingt ans de réclusion criminelle, en mai 2025, pour des viols et agressions sexuelles commis sur des centaines de victimes, certains médecins veulent désormais que les responsables ordinaux ayant laissé le chirurgien poursuivre sa carrière rendent des comptes devant la justice pénale.
Une pétition publiée sur Change.org, qui totalise 139 signatures, dont une centaine de médecins, a été adressée le 5 octobre aux procureurs du tribunal judiciaire de Lorient. Rédigée par le Dr Patrick Wiéner, urgentiste retraité inscrit à l'Ordre du Morbihan, elle dénonce les défaillances de l'institution dans cette affaire.
À l'origine de cette initiative figure le « comité ANTI-ORDRES », un collectif de professionnels de santé, dont des médecins, qui milite ouvertement pour la dissolution des ordres professionnels de santé, en particulier celui des médecins.
Des sanctions disciplinaires jugées insuffisantes
Les signataires reprochent notamment aux conseillers ordinaux du Finistère d'avoir validé, en 2006, l'inscription de Joël Le Scouarnec au tableau de l'Ordre alors qu'ils avaient connaissance de sa condamnation pour détention d'images pédopornographiques.
La pétition met également en cause plusieurs autres conseils départementaux de l'Ordre, notamment en Charente-Maritime, Loire-Atlantique, dans l'Orne et dans la Sarthe, accusés par les signataires de ne pas avoir réagi aux antécédents du chirurgien.
Alors que des procédures disciplinaires ont été engagées contre des responsables ordinaux, les auteurs du texte estiment qu'elles ne sont pas suffisantes au regard de la gravité des faits. Ils réclament l'ouverture d'investigations pénales pour déterminer d'éventuelles responsabilités individuelles.
Dans leur courrier, ils demandent à la justice de faire la lumière sur les responsabilités passées et de poursuivre, le cas échéant, les personnes dont la complicité serait établie.
À ce stade, les accusations portées par les pétitionnaires ne constituent toutefois pas la démonstration d'une responsabilité pénale des conseillers ordinaux visés.
A voir aussi
Un an de prison requis contre le directeur de l’Hôpital d’Avignon pour avoir embauché sa femme
Accusé d'avoir insulté une patiente, un médecin finalement jugé pour avoir levé le secret médical en se défendant
Un médecin de l’hôpital de Bastia en Corse a été arrêté pour détention d’images pédopornographiques