Université de la e-santé : du bon usage de l'intelligence artificielle

L’utilisation de l'IA crée toujours son lot de questionnements. À l’Université de la e-santé, l’heure était au débat sur son implantation dans nos systèmes de santé.

On peut difficilement passer à côté de l’apport de l’IA dans le domaine de la santé, ni ignorer les questions que cela soulève, notamment en matière de cybersécurité. Pour le Dr Vincent Lubrano, neurochirurgien et chercheur, l’intelligence artificielle est un gain de temps, aussi bien en termes de planification que de ‘temps machine’. Tout en gardant en tête les principaux risques. « Il est évident qu’un intérêt majeur doit être apporté à la protection des données. Le patient doit être propriétaire de ses données. ».

À ce sujet, Anca Petre, co-Fondatrice et directrice des opérations de 23 Consulting, revient sur l’importance d’impliquer le patient. « On utilise des termes savants mais lorsqu’un patient recherche sur Google, il tombe sur des robots qui s’emparent de l’humanité. Aujourd’hui, dans ce qu’on perçoit de l’IA, qu’est-ce qui est vrai et faux ? Beaucoup de choses sont fausses ! », déclare-t-elle. Avant de tempérer : « Pour les patients, l’importance est que la technologie réponde à leur besoin. Il faut avoir des garde-fous, bien sûr. Mais il faut faire un travail de pédagogie, dire ce qu’est l’IA; et comment on peut l’utiliser dans la santé. A partir de là, la discussion peut être très simple. »

Un discours qui ne trouve pas écho dans la bouche du sociologue Eric Sadin. « Nous vivons un changement de statut des technologies numériques. Elles ne permettent plus seulement d’analyser mais deviennent des organes d’expertise à des vitesses supérieures au cerveau humain. Elles ont une capacité de nous dire d’agir de telle manière. Avec une dérive : la marchandisation et privatisation de la médecine. Nous avons affaire à un modèle avec, à terme, la fin de l’acte au profit d’un abonnement. »

Quand on parle d’IA, le rôle du professionnel de santé revient en effet souvent au cœur du débat. « Il faut être critique sur tout cet ensemble, maitriser l’outil et la technologie. Le praticien est en amont et en aval de l’IA. On reconnait un mélanome car à l’origine on a entrainé l’algorithme avec des images annotés par le spécialiste. Ensuite l’IA fournit une proposition que le praticien va valider ou non. Une utilisation raisonnée de l’IA est tout à fait opportune selon moi », nuance Vincent Lubrano.

Thibault de Chalus, directeur de l’innovation chez Amgen, voit l’IA comme une alliée, aussi bien de la « production et l’optimisation pour éviter les crises et ruptures de stock, qu’une utilisation dans le cadre de la médecine personnalisée ». Benjamin Revcolevschi, Directeur Général France de Fujitsu, conclut : « l’IA est tellement présente qu'on ne la voit même plus. On n’en est plus au stade de dire que l’on est pour ou contre, mais de savoir comment on l’implémente et on l’encadre ».

Portrait de Constance Maria

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