Samedis noirs : une grève pour améliorer les conditions de travail des MG

Lancés par MG France le 5 décembre dernier, les samedis noirs, qui consistent pour les médecins généralistes à faire grève le samedi matin, ont pour objectif d’obtenir des avancées sur « les conditions de travail des médecins généralistes et l’investissement des pouvoirs publics », a expliqué ce matin le syndicat lors d’une conférence de presse.
 

Faire grève le samedi matin, c’est, pour MG France, le moyen d’action choisi pour « se faire entendre du gouvernement et de la population », a rappelé le Dr Jacques Battistoni, le président de MG France qui organisait une conférence de presse ce 15 janvier au matin.

Lancés par le syndicat le 5 décembre dernier, les samedis noirs sont « une façon de manifester », mais aussi « une revendication en soi » car, en fermant les cabinets le samedi matin, l’objectif est le suivant : « Que les généralistes ne reprennent pas le samedi matin, que le samedi matin fasse partie de l’organisation de la permanence des soins », a poursuivi Jacques Battistoni.

À travers les samedis noirs, le syndicat attend un certain nombre d’avancées, notamment sur « les conditions de travail des médecins généralistes et l’investissement des pouvoirs publics », selon le président de MG France qui répond à ceux qui lui demandent quand la grève du samedi matin va s’arrêter :

« Cela ne va pas s’arrêter car le samedi matin doit pour nous faire partie de la garde. Cela s’arrêtera quand on aura mis en place dans le cadre de la permanence des soins une organisation collective pour répondre aux besoins de la population. ».

Améliorer les conditions de travail

Ce sont aussi les conditions de travail, et particulièrement les horaires de travail, des médecins qui sont en jeu. « Travailler entre 50 et 64 heures par semaine, parce que cela fait partie de nos obligations déontologiques, c’est non pour MG France », a martelé Jacques Battistoni.

D’autant plus que le "samedi matin libéré" va dans le sens de l’histoire selon le président de MG France : « Il y a 30 ou 40 ans, le médecin était en principe disponible pour ses patients 24h/24, 7j/7. Puis, on a gagné le dimanche, puis le samedi après-midi, et maintenant, le samedi matin. C’est la volonté des professionnels de santé, mais c’est aussi la nécessité d’avoir du temps, que l’on puisse choisir de travailler ou de ne pas travailler, mais cela n’interdit pas à ceux qui le souhaitent de travailler le samedi matin. »

Quant à la vice-présidente du syndicat, le Dr Marguerite Barder-Bayart, elle pense aussi que c’est « une nécessité pour les patients d’avoir une réponse le samedi matin. Parce qu’aujourd’hui, les cabinets sont fermés, les médecins ne travaillent pas le samedi matin d’emblée, et le patient n’a pas de réponse. »

Pour résumer, les samedis noirs correspondent à une double revendication selon Jacques Battistoni : offrir des « conditions d’exercice qui soient adaptées aux besoins et aspirations des médecins de notre époque ». Mais aussi que celles-ci soient « compétitives pour rendre notre profession attractive ».

Concurrence de la médecine générale salariée

En effet, la médecine générale libérale fait aujourd’hui face à la concurrence de la médecine générale salariée qui s’exerce sur les conditions de travail. À travers « certaines propositions, notamment des centre de santé territoriaux, départementaux ou communaux, on voit bien que l’on a face à nous une compétition avec d’autres conditions de travail », a précisé le président de MG France.

Les médecins sont en effet salariés par les collectivités territoriales qui « pour attirer les médecins, essayent d’être beaucoup plus attractifs que nous. » Comment ? Via « le salariat qui attire les médecins », mais aussi parce que « l’on peut rompre le contrat de travail quand on le souhaite en démissionnant », a poursuivi Jacques Battistoni, qui, s’il concède que les MG peuvent difficilement démissionner (SIC), pense qu’il peut proposer « des horaires qui soient beaucoup plus attractifs pour les médecins », notamment pour les jeunes médecins.

Démographie des médecins généralistes 

Et d’évoquer la question de la démographie des médecins généralistes : « On est à l’acmé des difficultés, avec des promotions de 8 000 médecins environ qui sortent du marché du travail car ils doivent être remplacés. » Et d’un autre côté, « des promotions de médecins de l’ordre de 3 000 qui sont sortis du numerus clausus. Donc le nombre de médecins généralistes potentiels pour remplacer les départs à la retraite est très inférieur ».

Pour MG France, la solution ne passera donc pas par trouver des médecins là où il n’y en a pas, « car on ne va pas remplacer à court terme tous les médecins qui partent à la retraite : ce n’est pas possible », selon Jacques Battistoni.

Pour que ce système puisse continuer à fonctionner, il faut donc « permettre aux médecins actuellement en exercice de travailler dans de bonnes conditions. Il faut leur permettre d’accepter les gens qui recherchent un médecin traitant, mais cela ne sera possible que si leur environnement de travail est amélioré ».

Pour cela, il faudra mobiliser tous les outils qui sont disponibles : assistants médicaux, CPTS , améliorer les outils numériques pour faire gagner du temps aux médecins…

Enfin, il faudra « probablement mettre en place le volet ambulatoire du service d’accès aux soins, car il permettra à la population de trouver une réponse à ses demandes de soins, mais aussi de libérer le médecin de ses obligations déontologiques », a conclu Jacques Battistoni.

Portrait de Julien Moschetti

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