ROSP 2018 : reculer pour mieux avancer ?

Après une année 2017 décevante, la rémunération sur objectifs de santé publique ROSP 2018 redresse la barre. Les médecins ont touché 4 705 euros en moyenne.

Les chiffres viennent de tomber. La rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) 2018 est en hausse par rapport à 2017 qui était un mauvais cru : 4705 euros en moyenne pour 55 102 généralistes et médecins à expertise particulière (MEP), contre 4 522 euros en 2017, soit une augmentation de 4,0 %.
 
Dans le détail, les généralistes ont perçu une rémunération moyenne de 4 915 euros (+ 6,4 % par rapport à 2017, mais loin des 6 983 euros en moyenne perçus en 2016), contre 2 146 euros pour les cardiologues et 1 405 euros pour les gastro-entérologues.
 
Le paiement de la Rosp médecin sera effectif entre les 26 et le 30 avril pour les médecins traitant de l’adulte, les cardiologues et les gastro-entérologues. Les médecins traitant de l’enfant et les endocrinologues seront respectivement payés courant mai et début juin.  
 
La Cnam (Caisse nationale de l’Assurance Maladie) rappelle que la Rosp a fait en 2018 l’objet de révisions, portant à la fois sur les indicateurs et sur les modalités de calcul, et définies conjointement avec les représentants des médecins dans l’avenant 6.
 

Un temps d’appropriation nécessaire

 
Selon Nicolas Revel, directeur général de la Cnam, « une fois passé le temps d’appropriation nécessaire qu’impliquait la refonte du dispositif l’an dernier, les résultats de la Rosp sont à nouveau bien orientés cette année, avec une rémunération en hausse pour les médecins. Cette progression témoigne de la pertinence de ce levier d’amélioration des pratiques désormais recentré sur des indicateurs cliniques. ».
 
La Cnam se félicite également de l’amélioration des pratiques qui se poursuit « en matière de vaccination, de prise en charge des maladies chroniques et de prescriptions plus pertinentes et efficientes au service de la qualité et de la maîtrise des dépenses. »
 
Les résultats sont en effet positifs en matière de prévention : la vaccination antigrippale a progressé après une stagnation en 2017 (+ 2,4 points chez les personnes de 65 ans et plus, + 2,1 points chez les sujets à risque) et la part de traitements par antibiotiques particulièrement générateurs d’antibiorésistance continue de baisser (-2,6 points).

Dépistage des cancers insuffisant

À propos du suivi des patients atteints de pathologies chroniques, le dépistage de la maladie rénale chronique continue de s’améliorer, que ce soit chez le patient hypertendu (+ 2,4 points soit 210 000 patients mieux dépistés) ou chez le patient diabétique (+ 4,1 points soit 100 000 patients mieux dépistés).
 
Les indicateurs de dépistage des cancers sont contrastés : le dépistage du cancer du sein s’améliore (+ 0,3 point), mais on assiste à une baisse du dépistage du cancer du col de l’utérus (-0,7 point) et du cancer colorectal (-1,0 point).
 
Enfin, pour ce qui est de l’optimisation et l’efficience des prescriptions, l’ensemble des indicateurs est à la hausse. La prescription de biosimilaires d’insuline glargine progresse de 6,3 points en 2018. Et les trois indicateurs de prescription dans le répertoire des génériques de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) progressent, en particulier ceux relatifs aux statines (+ 7,3 points) et aux antihypertenseurs (+ 4,2 points).
 

Portrait de Julien Moschetti

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