Prime de nuit des infirmiers : Une indemnisation trop timide

Presse auscultée. Travailler de nuit pour gagner plus ? Un adage qui ne tient pas la route quand il s’applique au cas des infirmiers de nuit. Obtenant maximum 9€63 de prime par nuit, leurs syndicats donnent de la voix pour faire élever le niveau de cette indemnisation nocturne.

1,07 euro brut de prime. C’est ce que gagne en une heure un infirmier travaillant de nuit à l’hôpital public. Une indemnisation trop faible sur laquelle les syndicats alertent depuis bien des années. « Les syndicats demandent régulièrement la revalorisation de cette compensation financière », indique Thierry Amouroux, porte-parole SNPI (CFE-CFC) à ActuSoins cette semaine.
 
Déjà en 2017, son syndicat s’était fendu d’un communiqué rageur sur la question. « Depuis 2001, dans la fonction publique hospitalière, le taux horaire de l’indemnité de nuit est de 0,17 € de l’heure auquel s’ajoute une majoration pour travail intensif de nuit de 0,90 € de l’heure, soit un total de 1,07 € de l’heure entre 21 heures et 6 heures », écrivait-il. En tout, une infirmière de nuit peut donc gagner au maximum 9,63 euros brut par nuit. Sans oublier que ces professionnels de santé n’ont pas l’autorisation de travailler plus de dix nuits par mois. Une contrainte législative pensée pour protéger ces travailleurs nocturnes qui plafonne cette prime à 96 euros mensuels. « Insuffisant », résume Sandrine, une infirmière de nuit interrogée par nos confrères.
 
Et elle n’aurait pas non plus grand-chose à espérer du côté du secteur privé, à en croire Patrick Bourdillon. Interrogé par le média infirmier, le secrétaire fédéral de la CGT Santé explique que le montant de la prime de nuit de ces salariés « dépend des accords de branche ou des accords internes ». Un micmac qui se traduirait pour certains établissements par l’absence pure et simple d’indemnités de nuit selon lui.
 
Si la reconnaissance de la pénibilité semble manquer à l’appel, les responsabilités supplémentaires, elles, sont pourtant bien présentes. « Si un patient appelle et ne se sent pas bien, c'est à nous de juger s'il faut appeler un médecin et de gérer l'urgence, tout de suite, en l'attendant. Certains médecins nous demandent parfois de ne pas les appeler pour un rien alors on hésite. C'est stressant, il ne faut pas passer à côté de quelque chose de grave », explique notamment une infirmière à nos confrères. Sans oublier que le travail de nuit est classé depuis 2007 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) dans la liste des cancérogènes probables.
 
Si la chanson exigeant la revalorisation de cette prime est désormais bien connue des syndicats, le gouvernement semble toujours faire la sourde oreille. « Officieusement, le gouvernement envisagerait de proposer que la pénibilité du travail de nuit ne soit reconnue que pour les IDE travaillant de nuit à temps plein, de réduire la plage horaire concernée, par exemple à la période entre minuit et cinq heures du matin, et de créer un seuil de 140 nuits travaillées minimum pour bénéficier de l’indemnisation », aurait pourtant indiqué le secrétaire général de la CGT à nos confrères. Affaire à suivre ? Pour en savoir plus, c’est par ici.

Portrait de Julia Neuville

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