Pass sanitaire : un frein pour les soins ?

Patients non urgents et visiteurs, veuillez présenter votre pass sanitaire. Après les annonces présidentielles, place aux craintes des professionnels.

Protéger les patients d’un côté, pour les mettre en danger de l’autre ? C’est la crainte de plusieurs professionnels de santé au sujet de l’extension du pass sanitaire.

Le projet de loi anti-Covid a été adopté définitivement le 25 juillet dernier et permet de conditionner l’accès à de nombreux lieux à la présentation du pass sanitaire, dont les établissements de santé et Ehpad pour les patients non urgents et les visiteurs. Cette extension sera applicable dès le 9 août, si le Conseil constitutionnel n’en décide pas autrement.

Pour l’Ordre des médecins, il est important de s’assurer que le pass sanitaire ne va pas « priver des patients de soins ».

La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a quant à elle alerté « sur l’importance de maintenir la présence des proches auprès des patients en fin de vie ».

Même son de cloche du côté du monde de la psychiatrie, dont des professionnels ont adressé une lettre ouverte à Jean Castex : « Comment accepter que des personnes ayant besoin de soins et qui s’adressent à l’hôpital puissent être refoulées parce qu’elles n’ont pas de pass sanitaire ? », ont-ils avancé, prônant plutôt un accompagnement des patients démunis vers des lieux de vaccination. Parmi les signataires, on retrouve notamment l’Union syndicale de la psychiatrie, le syndicat des psychiatres des hôpitaux ou encore la Fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie.

Le Syndicat National des Médecins Hospitaliers (SNMH FO) a qualifié cela d’« obstacles supplémentaires à la prise en charge des patients ». Le Collège des gynécologues avait demandé de son côté que « la prise en charge des grossesses puisse se poursuivre dans les conditions habituellement requises ».

Du côté des directeurs d’Ehpad de l’AD-PA, ils appelaient « à considérer les établissements pour personnes âgées comme des lieux de résidence et ainsi garantir aux personnes âgées qui y résident la possibilité de maintenir les liens familiaux, sociaux, relationnels… qui sont les leurs dans les mêmes conditions que pour tout Français ».

Portrait de Constance Maria

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