Le tour de France de la simu s’est arrêté à Dijon

Étape savoureuse et intense dans la capitale de la moutarde

SimforHealth a décidé d’aller à la rencontre des acteurs de la simu et des étudiants en organisant des rencontres de la simulation numérique en santé dans tout le pays. La troisième étape de ce tour de France s’est déroulée avec succès le 9 mars à Dijon. 

« Dépêche-toi, t'as un patient à sauver ! » « T'as mis de la Béta’ par terre, l'aide-soignante va te tuer ! » Les réflexions fusent autour du cobaye au visage recouvert par le casque de réalité virtuelle (RV), mais il est concentré car il s’apprête à exsuffler son premier pneumothorax…

Le stand de SimforHealth (startup ayant notamment développé la plateforme MedicActiv), dans le couloir principal de la fac de sciences de la santé de Dijon, attire aussi bien les étudiants que les enseignants. Les premiers sont curieux de tester un casque de RV, les seconds de voir à quoi ressemble un cas clinique en immersion complète. Tous ressortent de l’expérience le sourire aux lèvres, bluffés. « On perd complètement la notion de l'endroit où l'on est ! », s'exclament certains participants.

Il faut dire que l’environnement virtuel du cas clinique, développé par SimforHealth en collaboration avec le centre de simu de la fac de médecine de Nice, est assez élaboré : de l’examen clinique (stéthoscope) à l’exsufflation à l’aiguille, en passant par les examens complémentaires (radio, ECG), le scénario est très complet. On peut même verser de la Bétadine sur la compresse pour désinfecter le torse du patient. S'il est lâché, le flacon tombe par terre comme dans la vraie vie...

 

Mais si le dispositif de réalité virtuelle est attractif, il n’est pas le seul intérêt de ces rencontres. « Nous contactons tous les acteurs de la formation en santé de la région – universités de médecine, pharmacie, IFSI, centres de simulation, sociés savanteset organisons une table ronde », explique Guillaume Brun, responsable e-santé de SimforHealth. « C'est l'occasion de présenter les nouveaux outils pédagogiques numériques : consultation virtuelle, simulation 3D en temps réel, réalité virtuelle, mais aussi de faire le point sur ce qui existe déjà sur place et les attentes de chacun, étudiants compris. »

Comment passer à la vitesse supérieure ?

La conférence dijonnaise a donc d’abord proposé une présentation des projets locaux, comme l’utilisation fructueuse de serious games dans les formations infirmières par l’association bourguignonne des acteurs de la simulation en santé (Abass). Le débat s’est orienté sur les freins à la diffusion de la simu numérique. Si son coût est souvent évoqué, ce sont avant tout les formateurs qui font défaut, estime le Dr Francis Godde, formateur au sein du centre de simulation de Dijon (U-SEEM). À quoi s'ajoute un problème de disponibilité, le temps dégagé sur les plannings cliniques étant insuffisant.

Pour le Dr Mathieu Guerriaud, maître de conférence à la faculté de pharmacie, il faudrait également valoriser la pédagogie dans la carrière des enseignants-chercheurs. Frédéric Lepetit, président de l’Abass, souligne quant à lui que si la simulation fonctionne pour l'heure sur la bonne volonté des formateurs, il est nécessaire de trouver un business model pour les centres de simu. Dans la salle, le vice-président de l’Ordre des infirmiers, Olivier Drigny, a proposé d’inclure l’apprentissage de l'e-santé et des outils de simu dans la formation initiale de tous les soignants pour pallier le manque de formateurs.*

De bonnes idées qui ont encore du chemin à faire…

* Ont aussi participé à la conférence : Patricia Faivre, directrice des soins à l’Institut de formation des professionnels de santé, et Arnaud Barras d’Abass.
 

Article réalisé dans le cadre d'un partenariat avec SimforHealth.

Source: 

Sarah Balfagon

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