Le palmarès des médicaments les plus coûteux est sorti

Les champions de France 2016 du trou de la Sécu sont…

Nos confrères du Monde ont décortiqué les remboursements 2016 de médicaments par l’Assurance maladie, pour extraire un top 10 des spécialités qui coûtent le plus au contribuable. Certaines justifient leur place, mais la présence d’autres risque de faire grincer quelques dents.

Économies, économies, économies… L’insistance des pouvoirs publics à faire baisser les dépenses de santé, notamment du côté des médicaments, agace souvent le corps médical, qui accepte néanmoins de faire des efforts de prescriptions lorsque la situation le permet. Et une nouvelle vague de restrictions est à attendre pour 2018, avec un PLFSS qui table sur des économies supplémentaires de 1,5 milliard d’euros.

Et, grâce à une enquête du Monde publiée ce lundi, tout le monde sait désormais où l’Assurance Maladie va pouvoir sauver quelques deniers. S’appuyant sur les chiffres bruts récoltés sur la base de données Open Medic – qui fournit des informations sur les médicaments remboursables – le quotidien a en effet publié un classement des 10 spécialités médicamenteuses les plus coûteuses. À elles seules, elles représentent 2,5 des 18,5 milliards d’euros de remboursements annuels, soit 13,5 %.

Les biosimilaires aux fraises

En tête du classement, assez loin devant, l’Humira toise ses poursuivants, du haut de ses 460 millions d’euros remboursés. La spécialité, utilisée notamment dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, coûte 815 euros le mois de traitement, et la pathologie concerne 200 000 personnes en France, rappelle Le Monde. La facture grimpe vite…


Sommes remboursées par l'Assurance maladie, en millions d'euros
Source : Le Monde/open medic

Dans le top 10, elle est accompagnée de l’Enbrel (235 millions d’euros), avec lequel elle partage les indications thérapeutiques. Réaction attendue de l’Assurance Maladie : des biosimilaires sont disponibles pour moins cher, comme le Benepali. Réponse des médecins : oui, mais ce n’est pas un générique, et l’effet n’est pas toujours le même.

D’autres médicaments du classement sont dans la même situation. Le Lantus (225 millions d’euros), une insuline, a, lui aussi, un biosimilaire, et le Crestor (240 millions), une statine, est génériqué. Mais leurs concurrents sont peu prescrits. Pour ce dernier, Le Monde souligne que l’Assurance Maladie a déjà confirmé que génériques et princeps avaient la même efficacité, alors que leur prix varie presque du simple au quadruple. Elle pourrait désormais taper du poing sur la table.

La Sécu au boulot

Elle devra en revanche faire le travail de son côté pour chasser le Lucentis et l’Eylea du podium. Ces deux spécialités destinées à traiter la DMLA peuvent être remplacées par l’Avastin, sept fois moins cher. Celui-ci bénéficie pour l’instant d’une AMM en oncologie, mais seulement d’une RTU pour la DMLA. Du côté de l’Aranesp (insuffisance rénale), la concurrence se fait encore attendre.

Pour les autres, rien à redire pour l’instant. Le Xarelto (anticoagulant) apporte un bénéfice thérapeutique difficilement contestable, tout comme le Glivec (leucémie).

Au milieu de tous ces médicaments aux noms arides pour le grand public s’est glissé un autre, bien connu de tous, que les Français consomment comme des bonbons : le Doliprane ! Le petit cachet star a été prescrit et remboursé à hauteur de 202 millions d’euros en 2016. La faute, en partie, à la pression de Sanofi, qui s’est arrangé pour que la spécialité ne puisse pas être substituée par un paracétamol générique lorsque les ordonnances mentionnent son nom. On sort alors de la médecine pour rejoindre la politique : une baisse des ventes pourrait conduire à des pertes d’emplois dans l’usine de production localisée en France.

Crédits photo : starleigh/Flickr

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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