Île-de-France : une baisse généralisée du nombre de médecins libéraux

La baisse du nombre de médecins libéraux est généralisée en Île-de-France, toutes spécialités et tous départements confondus, selon les dernières données de l’URPS médecins libéraux Île-de-France, qui propose des pistes pour améliorer en urgence l’offre de soins sur le territoire.

L’Île-de-France compte de moins en moins de médecins libéraux spécialistes et… la tendance n’est pas près de s’inverser, selon l’URPS médecins libéraux Île-de-France qui vient de publier une série de données inédites pour quantifier la pénurie de médecins libéraux spécialistes, à l’échelle de la région et des départements.
 
Les médias et les pouvoirs publics parlent régulièrement de la pénurie de médecins généralistes. Certes, l’Île-de-France est aujourd’hui le premier désert médical de France métropolitaine, et souffre d’une pénurie de médecins généralistes. Mais cela ne doit pas faire oublier le fait que les autres spécialités « souffrent également de graves déficits », rappelle l’URPS, ce qui peut poser de sérieux problèmes de coordination et d’accès aux soins.
 
Selon les dernières données de l’URPS (1er juin 2019), la baisse du nombre de médecins libéraux est généralisée en Ile-de-France, toutes spécialités et tous départements confondus. En l’espace de huit ans, les spécialités les plus touchées sont la psychiatrie (- 30% des effectifs libéraux franciliens), la gynécologie (- 29 %), la dermatologie (- 25 %), l’ORL (- 21%) et la rhumatologie (- 21 %). Les moins exposés étant les pneumologues, les radiologues et les endocrinologues avec des baisses d’effectifs inférieures à 5 %.

La grande couronne est plus affectée

Pour l’URPS, ces chutes d’effectifs sont « d’autant plus inquiétantes pour l’accès aux soins qu’elles concernent des spécialités où les médecins libéraux sont majoritaires (par rapport aux salariés) ». En effet, 72 % des dermatologues franciliens sont des médecins libéraux, contre 68 % des ORL ou 63 % des gynécologues.
 
Si on sort la loupe pour analyser les différences géographiques, on constate que la grande couronne est plus affectée par la diminution des médecins libéraux : la Seine-et-Marne a perdu 40 % de ses dermatologues en huit ans, le Val d’Oise 39 % de ses ORL... Quant à Paris et la petite couronne, elles souffrent également et ne suffisent plus à répondre aux besoins.
 
L’avenir s’annonce donc bien sombre quant on sait que la pyramide des âges des médecins libéraux spécialistes en exercice est alarmante, « laissant présager de nombreux départs à la retraites et une baisse aiguë du nombre de médecins sur le territoire francilien », selon l’URPS.

De nombreux départs à la retraite

En effet, 30 % des spécialistes libéraux en activité en Ile-de-France ont aujourd’hui plus de 65 ans. La proportion des plus de 65 ans est étant particulièrement marquée en psychiatrie où 44 % des médecins libéraux en activité en Ile-de-France ont plus de 65 ans, ainsi qu’en gynécologie (37 %), rhumatologie (34 %) et en dermatologie (33 %). Et, malheureusement, « le nombre de médecins formés dans les spécialités reste certainement insuffisant », s’inquiète l’URPS qui avance plusieurs raisons pour expliquer cette pénurie de médecins libéraux en Île-de-France :
 
– Le manque d’anticipation dans le nombre de médecins à former.
– Le coût financier trop élevé de l’installation en Île-de- France.
– Le manque d’attractivité de certains de nos territoires.
– L’absence de lien entre l’exercice libéral et la formation hospitalo-universitaire (seuls quelques lieux de stages ouverts en Île-de-France auprès de médecins libéraux).
 
Enfin, l’URPS propose 6 pistes pour améliorer en urgence l’offre de soins sur le territoire :
– Trouver un statut ou des avantages aux médecins qui acceptent de poursuivre une activité après 65 ans.
– Mettre en place des équipes de soins spécialisées, pour faciliter la coordination des parcours entre les spécialistes de ville et leurs correspondants.généralistes.
– Développer les outils numériques, notamment de télé-expertise, et revaloriser sa tarification pour ouvrir à un médecin généraliste de premiers recours un avis de spécialiste sous 48 heures.
– Modéliser et financer l’assistant médical et la délégation de tâches dans les différentes spécialités qui le permettent notamment les spécialités techniques, dermato, ORL, cardiologie, gastro-entérologie, rhumatologie…
– Investir dans l’installation des jeunes spécialistes à partir de l’expression de leurs besoins organisationnels en facilitant notamment leur accès à des locaux aux normes, confortables pour un exercice médical de qualité.
– Former des médecins, dans nos universités, en nombre suffisant et développer les stages en médecine libérale au cours de la formation.
 

Portrait de Julien Moschetti

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