Avec Roland Cash, gagne 7 ou 8 milliards par an

De belles économies

Le médecin économiste Roland Cash estime qu’avec seulement une vingtaine de mesures fermes sur les prescriptions inutiles, il serait possible de faire économiser quelques huit milliards d’euros par an en dépenses de santé. Mais bon, en même temps, il est à l’origine de la T2A…

Marre des petites économies de bout de chandelle ? Avec Roland Cash, gagnez enfin une somme confortable, jusqu’à huit milliards d’euros par an ! Cela ressemble à un mauvais slogan publicitaire pour une belle arnaque, mais l’analyse émane d’un économiste de la santé réputé (et écouté).

Ce mercredi, au cours de la présentation d’un livre dont il est le coauteur avec Jean de Kervasdoué, il a détaillé des mesures qui pourraient être mises en oeuvre pour faire des économies substantielles : entre sept et huit milliards d’euros par an, rapporte l’APMnews. Le maître mot pour ces économies réside principalement dans la pertinence des prescriptions et des actes médicaux.

Les Français au régime sec

Et le premier point noir pour nous, Français, c’est les bonbecs. En tant que premiers consommateurs de médicaments en Europe, nous pourrions faire des économies substantielles en revoyant la manière dont nous prescrivons et nous remboursons. D’après Roland Cash, deux tiers des économies annoncées pourraient se faire de ce côté.

Il préconise un grand ménage. Antibiotiques : trop de prescriptions « à l’aveugle » (160 millions d’euros à économiser). Homéopathie : inefficace (60 millions). Médicaments remboursés à 15 % : à dérembourser aussi. Médicaments contre la maladie d’Alzheimer : rapport bénéfice/risque défavorable. Tu en veux plus ? Il propose de « rembourser les médicaments aux prix les plus bas de la classe thérapeutique ».

Des reins pour des talbins

Niveau pertinence, nous aurions aussi pas mal à faire du côté de l’imagerie. Roland Cash a ainsi salué la récente entente entre les radiologues et l’Assurance maladie pour maîtriser les dépenses, et va plus loin. Il aimerait que soient déremboursés des actes « obsolètes » comme par exemple les radios du crâne systématiques, jugées inutiles en dehors de deux indications : le myélome et le syndrome des enfants battus. Côté labo, les bilans thyroïdiens seraient en hausse non justifiée, et les analyses sanguines sont trop systématiques, pour un surcoût supérieur à 100 millions d’euros par an. À revoir aussi.

Roland Cash parle de tout, et il a du lourd. Apparemment, il y a beaucoup d’argent à gagner avec les greffes de reins, notamment à partir de donneurs décédés. Avec 1 500 transplantations en plus par an, trois milliards d’euros pourraient être économisés en dix ans !

On se lance ?

Facile, n’est-ce pas ? Pas tant que cela. L’économiste reconnaît que le paiement à l’acte, la pression des patients et l’insuffisance des contrôles de prescriptions risquent de ne pas faciliter la tâche. La faute, en partie aussi, au manque de formation des médecins qui ont, du coup, un « problème d’appropriation des recommandations les plus récentes ». Sympa.

Il oublie en revanche l’inertie dans le secteur, les intérêts des différents acteurs, les accords en place avec les industriels, les habitudes de pratique, la réaction des médecins face à quelqu’un qui leur dit qu’ils pourraient mieux faire leur travail… En plus, des conseils économiques de la part de l’un des acteurs de la mise en place de la T2A, ça risque de mal passer. Bon courage !

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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