Attentats : les recos pour les professionnels de santé

Une nécessité de formation

Les Prs Pierre Carli et François Pons ont rendu vendredi leur rapport « Agressions collectives par armes de guerre », qui informe les professionnels de santé des conduites à tenir en cas d’attentats.

Sans doute un hasard du calendrier. Le rapport sur les conduites à tenir par les professionnels de santé en cas d’attentat est sorti à la veille du week-end des célébrations accompagnant la fête nationale et la finale de la coupe du monde de football. Heureusement, il n’a pas porté l’oeil.

Le vendredi 13 juillet – à croire qu’ils l’ont cherché –, le Pr Pierre Carli, chef du service d’anesthésie-réanimation à l’hôpital Necker (AP-HP) et patron du Samu de Paris, et le Pr François Pons, médecin militaire et spécialiste de la chirurgie d’urgence et de guerre, ont dirigé la rédaction d’un document de 230 pages commandé par le ministère de la Santé.

Une expertise militaire

« L'expertise des auteurs, professionnels de santé issus des mondes civil et militaire, travaillant dans les établissements de santé, sur les théâtres d’opérations extérieures militaires, dans la sécurité civile ou au sein des forces de l’ordre, fait de cet ouvrage un outil collaboratif de formation qui s’adresse à tous les acteurs concernés », a expliqué le ministère.

Ce document vise à orienter les professionnels de santé qui pourraient être impliqués dans des situations d’urgence liées à des attentats. Il donne des protocoles pour la gestion des victimes, tant dans la prise en charge technique des blessures causées par des armes de guerre que dans les règles de triage des patients et le damage control.

Une approche différente de la médecine

Le rapport rappelle la règle numéro une pour les professionnels de santé : « assurer sa propre sécurité ainsi que celle des intervenants qu’il va diriger ». Ensuite, c’est le classique PAS (protéger-alerter-secourir).

Outre l’organisation des secours, le rapport détaille les spécificités de la prise en charge lors de ce genre d’évènements. « Lors d’agressions collectives, la stratégie de réponse sanitaire inscrit la prise en charge des victimes dans une logique collective de sauvetage du plus grand nombre, alors qu’habituellement la médecine préhospitalière est organisée pour mobiliser les ressources médico-chirurgicales les plus adaptées à chaque patient », rappellent ainsi les auteurs. « La pratique du triage est issue de la médecine militaire au combat. La médecine de catastrophe s’en est saisie pour répondre au besoin qui caractérise toutes les urgences collectives : identifier rapidement la gravité de chaque victime pour déterminer la priorité de traitement entre elles ».

DU express de médecine de guerre

Pour les professionnels non aguerris, des informations sur les armes, les projectiles et les types de blessure qu’ils provoquent permettront de mieux appréhender la prise en charge en urgence. De même pour les explosions, avec des explications sur la fréquence des lésions et les profils lésionnels en fonction de la distance à l’épicentre, par exemple.


Source : rapport « Agressions collectives par armes de guerre »

Un chapitre entier est destiné à la place du médecin généraliste et des autres professionnels de santé. « Lorsque des agressions collectives surviennent, les médecins généralistes, qui représentent un tiers des praticiens en France, sont, de fait, des acteurs essentiels de la prise en charge des victimes », souligne le rapport. S’il est présent sur les lieux d’un attentat, le MG « est avant tout un acteur différencié avec un rôle important pour initier la prise en charge des victimes ».

Impossible de détailler ici toutes les recommandations. Mais ça vous fera un bon bouquin pour les plages cet été, entre les mots croisés et le test « Quel fan de l’Équipe de France êtes-vous ? » !

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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