Accès à l’IVG : Agnès Buzyn annonce 5 mesures

En France, le délai moyen d’accès à l’IVG est de 7,4 jours et varie de 3 à 11 jours, selon une enquête réalisée auprès des ARS. Agnès Buzyn vient d’annoncer 5 mesures pour conforter un accès rapide à l’IVG partout en France, mais aussi réduire l’hétérogénéité des situations territoriales.

Le délai moyen est de 7,4 jours entre le premier contact établi avec un professionnel de santé (en cabinet de ville ou à l’hôpital) et la réalisation de l’avortement, selon les résultats d'une enquête qualitative commandée par Agnès Buzyn aux ARS. La ministre de la Santé affiche en effet sa volonté de conforter un accès rapide à l’IVG partout en France, mais aussi de réduire l’hétérogénéité des situations territoriales.
 
Si l’on rentre dans les détails, on se rend compte que ce délai d’accès varie de 3 à 11 jours en moyenne. Les délais les plus courts sont proches de 5 jours en moyenne en région Occitanie et Pays-de-Loire où les acteurs régionaux sont très engagés sur cette question. À titre d’exemple, la région Occitanie a mobilisé son réseau de santé périnatalité pour un diagnostic des pratiques et un accompagnement des établissements en difficulté.
 
Selon le gouvernement, aucune région française n’échappe à l’identification, en son sein, de zones connaissant des tensions en matière d’accès à l’IVG, en raison de la démographie particulière des professionnels de santé. Néanmoins, pour 10 régions sur 16 interrogées, ces difficultés sont « ponctuelles », « propres à la période estivale ou relatives l’accès à certaines techniques », selon le ministère de la Santé.
 

 
Pour le gouvernement, les conventions établies entre les professionnels libéraux, les professionnels des centres de planification et d'éducation familiale/centres de santé et les établissements de santé (plus de 1800 conventions) sont « le fondement d’une dynamique d’implication des acteurs de ville ». Sur ce point précis, 5 régions font figure de bons élèves avec plus de 150 conventions signées : Provence-Alpes Côte d’Azur, Île-de-France, Occitanie, Normandie et Auvergne Rhône-Alpes.
 
Par ailleurs, l’étude révèle « l’implication croissante des professionnels libéraux permettant un accès à l’IVG en proximité ». Si cette activité repose encore principalement sur les médecins (gynécologues-obstétriciens et généralistes), « les sages-femmes sont montées en charge rapidement » trois années après l’extension de leur champ de compétence à la réalisation des IVG médicamenteuses, ce qui « laisse augurer d’un important potentiel de développement encore à venir concernant cette offre de ville », pronostique le gouvernement.
 
A la lumière de ces enseignements, Agnès Buzyn vient d’annoncer les 5 mesures suivantes :
 
- L’inscription de l’IVG comme action prioritaire de la formation continue des médecins et des sages-femmes.
- La mise en place d’un annuaire exhaustif de l’offre de l’IVG, dans chaque région et actualisé pour prendre en compte la saisonnalité.
- La mise en œuvre par les ARS et de façon systématique des plans d’actions ciblés, lorsque des territoires sont repérés comme en tension, en lien étroit avec les usagers, les professionnels et les associations.
- Le renforcement de l’offre en matière d’IVG : des IVG instrumentales pourront être réalisées en centres de santé dès le premier trimestre 2020.
- L’intégration de l’accès à l’IVG comme critère d’évaluation des hôpitaux, dans les contrats d’objectifs les liants aux ARS.
 
 Enfin, un rapport global relatif à l’accès à l’IVG sera remis au parlement fin janvier 202 « afin de faire le point sur les conditions d’accès à l’IVG et de formuler de nouvelles propositions », selon le ministère de la Santé.
 

Portrait de Julien Moschetti

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