Vaccination Covid19

A plus de trois mois du début de la vaccination, le sujet reste sensible. Des patients inquiets tout autant que des impatients. Des professionnels de santé encore ambivalents. Des vaccins qui se font attendre pour des vaccinateurs de plus en plus nombreux. 

Pour y voir plus clair, et pour en parler au mieux à nos patients. voici le dossier de la rédac !

Auteurs : Sophie Cousin,  Alice Deschenau, Constance Maria

Vaccin Covid : où en est la stratégie vaccinale ? 

Constance Maria

[Mise à jour le 12 avril 2021] - Dans la grande nébuleuse vaccinale, comment s'y retrouver avec des recommandations qui ne cessent d'évoluer ? Qui peut se faire vacciner et avec quel vaccin ? Quels sont les risques ? Récap. 

Des appels massifs à la vaccination, mais des règles souvent floues et mouvantes. Retour sur la stratégie vaccinale française. 

A quel patient, quel vaccin ?

Le ministère de la Santé a rappelé à travers une infographie les publics visés par la vaccination. 

© Ministère des Solidarités et de la Santé 

Depuis lundi 12 avril, la vaccination a été ouverte à tous les plus de 55 ans comme l'a annoncé Olivier Véran au JDD ce 11 avril. Ils peuvent recevoir le vaccin AstraZeneca mais également le dernier arrivé du laboratoire Janssen, filiale de Johnson & Johnson. 

Concernant les professionnels de santé, la Haute Autorité de Santé a émis ses recommandations : 

  • Les moins de 55 ans doivent recevoir le vaccin Pfizer 
  • Les plus de 55 ans : AstraZeneca. 

Quels sont les risques ? 

Ces derniers temps, le vaccin AstraZeneca a souvent occupé le devant de la scène, notamment après des cas de décès dus à des thromboses post-vaccin. D'abord suspendu, il a finalement été remis en circulation dans la stratégie vaccinale. Dans son point de surveillance du 12 au 18 mars l'ANSM avait indiqué : "le caractère très atypique de ces thromboses, leurs tableaux cliniques proches et le délai de survenue homogène conduisent le comité de suivi à confirmer la survenue, très rare, de ce risque thrombotique chez les personnes vaccinées par le vaccin AstraZeneca. Il est rappelé que l’Agence européenne du médicament (EMA) confirme la balance bénéfice/risque positive de la vaccination avec AstraZeneca dans la prévention de la Covid-19".

"Si un vaccin est autorisé, c’est au terme d’une procédure rigoureuse d’essais et d’évaluations conduits par des autorités sanitaires indépendantes. Rien n’est engagé sans l’avis préalable de la Haute Autorité de santé (HAS) sur chacun des vaccins, et les personnes vaccinées seront suivies dans le cadre d’un dispositif renforcé de pharmacovigilance et de traçabilité mis en place par l’Agence nationale de sécurité du médicament et l’Assurance maladie. Tout est ainsi mis en œuvre afin que la sécurité sanitaire soit maximale", a précisé la DGS interrogé par WUD.

Quelles sont les contre-indications ? 

"Concernant l’existence d’éventuelles contre-indications préalables à la vaccination, le professionnel de santé, en amont de la vaccination, s’assure de l’absence de contre-indications temporaires ou définitives à la vaccination (le patient remplit à cette fin un questionnaire) et il détermine le rapport bénéfice/risque de la vaccination pour les patients ou résidents. Sur signalement-sante.gouv.fr, les professionnels de santé ou les usagers pourront signaler tout effet indésirable à la suite d’une vaccination", ajoute l'institution. 

Pour les populations fragiles, la balance bénéfices-risques a été évaluée en faveur du vaccin. 

Quels sont les effets secondaires à surveiller ?

"Les effets secondaires engendrés s’apparentent souvent à un syndrome pseudo-grippal. La liste complète des effets indésirables connus peut être consultée sur le site internet de l’ANSM, qui a mis en place un dispositif spécifique de surveillance renforcée des effets indésirables des vaccins anti-Covid-19 sur le territoire français", poursuit la DGS. 

Quelles données d'efficacité connues ?

Sophie Cousin

En ce mois de mars, que peut-on dire de l'efficacité des vaccins utilisés en France ? Des questions auxquelles WUD répond sur la base des études disponibles, des avis de la HAS et de l’ANSM et des réponses fournies par le Pr Alain Fischer, président du Conseil sur la stratégie vaccinale, lors de son audition au Sénat le 10 mars dernier. 

Que disent les dernières études sur l’efficacité des vaccins Pfizer, Moderna, Astra-Zeneca et Janssen ?

  • Pfizer 

Une étude en vie réelle en Israël portant sur 600 000 personnes vaccinées, publiée le 24 février dans le New England Journal of Medicine, a montré une réduction de 94% du taux d’infection symptomatique après la deuxième dose et une réduction de 92% du nombre de formes sévères de la Covid-19.
Pour rappel, selon les essais cliniques de phase 3 publiés le 10 décembre dans le New England Journal of Medicine, le taux d’efficacité du vaccin Comirnaty était de 95%. Un taux très élevé pour un vaccin, salué par les scientifiques du monde entier. Dans sa stratégie de vaccination, la HAS précisait que "cette efficacité semble similaire, quels que soient l'âge des sujets (avec notamment une efficacité chez les personnes de 65 ans ou plus de 94,7%), leur sexe, leur IMC et la présence ou non de comorbidités associées."  

  • Moderna

Selon l’OMS, l’efficacité observée du vaccin Moderna est d’environ 92 % contre les formes symptomatiques légères à modérées de COVID-19, et la protection commence 14 jours après la première dose.
Efficacy and Safety of the mRNA-1273 SARS-CoV-2 Vaccine (New England Journal of Medicine, 30.12.2020).
L’efficacité apparaît rapidement avec un taux de protection estimé à 80,2 % un mois après la première injection. Cette efficacité semble se maintenir dans les sous-groupes évalués selon leur âge, sexe, origine ethnique ou leur risque de forme sévère, mais pas contre les formes asymptomatiques.

  • Astra-Zeneca

« Ces dernières semaines sont venues d’Ecosse puis d’Angleterre des données très encourageantes montrant que le vaccin Astra-Zeneca est aussi efficace que celui de Pfizer sur les formes graves et les hospitalisations et ceci y compris chez les personnes âgées. Ce sont des données capitales. Il n’y a absolument aucune perte de chance avec ce vaccin, comme certains le croient », soulignait le 10 mars le Pr Alain Fischer, professeur d'immunologie pédiatrique et président du Conseil d'orientation sur la stratégie vaccinale, lors de son audition au Sénat sur la stratégie vaccinale le 10 mars dernier. Les nouvelles données britanniques du NHS obtenues en vie réelle, suggèrent une efficacité de plus de 80 % pour prévenir les hospitalisations chez les plus de 80 ans, trois à quatre semaines après la première injection.
Lors des études cliniques de phase 3, ce vaccin semblait un peu moins efficace, avec, en moyenne, 70,4% de protection contre les formes symptomatiques de Covid-19. Selon les avis de la HAS du 2 mars, puis du 19 mars, les effets les plus marqués sont observés de 28 à 34 jours après la première injection : efficacité de 85% pour les 18-64 ans, 79% pour les 65-79 ans et 81% pour les plus de 80 ans. 

  • Janssen

Son efficacité, établie par l’essai de phase III comptant 43 783 participants de toutes catégories d’âge, s’élève à 66% en moyenne sur la durée de l’étude, et augmente à partir d’au moins 14 jours après l’injection sur les formes ayant nécessité une hospitalisation (93,1%) et sur les formes sévères/critiques de la maladie (76%).
Les premières analyses exploratoires montrent par ailleurs une efficacité comparable sur les formes asymptomatiques à celle observée sur les formes symptomatiques. La réponse immunitaire persiste pendant au moins 12 semaines, y compris chez les personnes âgées de 65 ans et plus. L’ensemble de ces données est à retrouver sur le site de la HAS.

Quelle est l’efficacité des vaccins sur les différents variants ?

Le variant dit « britannique » (lignée B.1.1.7 et variant 501Y.V1) est devenu majoritaire dans la plupart des régions françaises. En l’état des données disponibles, les vaccins Pfizer, Moderna et Astra-Zeneca conservent un taux de protection suffisant contre ce variant britannique.
En revanche, les variants dits « sud-africain » (lignée B.1.351, variant 501Y.V2) et « brésilien » (lignée B.11.248, variant 501Y.V2) inquiètent davantage les scientifiques, pour ce qui est de l’efficacité vaccinale.

  • Pfizer et Moderna

Pour ces deux vaccins à ARN messager, on observe in vitro une baisse d’environ 30% de leur activité neutralisante face au variant dit « anglais ».
Mais selon les immunologistes, compte-tenu de leur taux de protection initial très élevé (plus de 90%), cette légère diminution ne devrait pas avoir de conséquences majeures. Selon l’OMS, « d’après les données dont on dispose jusqu’à présent, les nouveaux variants du SARS-CoV-2, dont le B.1.1.7 et le 501Y.V2, ne modifient pas l’efficacité du vaccin à ARNm de Moderna ».
Le fabricant Moderna a annoncé fin février qu’une version modifiée de son vaccin, développée spécifiquement contre le variant sud-Africain, était prête à être testée sur des humains.

  • Astra-Zeneca

Selon un article « pre-print » publié dans « The Lancet » le 4 février dernier, son efficacité est maintenue à hauteur de 74% face au variant anglais.   
En revanche, son efficacité n’est pas démontrée pour le moment sur le variant dit « Sud-africain ». Selon un essai publié sur medRxiv le 10 février dernier, réalisé en Afrique du Sud sur 1500 personnes de moins de 65 ans, 15 jours après la seconde dose de ChAdOx1-S, 19 cas de covid-19 symptomatiques se sont produits dans le groupe vaccin et 23 dans le groupe placebo. Sur les 42 patients positifs , 39 l’étaient avec la souche 501.Y.V2, dite « sud-africaine ».

  •  Janssen

Selon la HAS, « le vaccin de Janssen présente un intérêt particulier dans les zones où les variants sud-africains et brésiliens circulent activement, du fait de son efficacité persistante sur ces variants ».
La spécificité de l’essai de phase 3 qui a inclus plus de 43 000 personnes dans 8 pays est qu’il avait inclus près de 5000 patients sud-africains. Il en est ressorti que l’efficacité du vaccin Ad26.COV2.S était légèrement plus faible que chez les 18 205 sujets états-uniens, mais néanmoins bonne (64 % contre 72 %) et ce malgré la présence du variant sud-africain. De plus, le vaccin Janssen conserve un excellent taux de protection contre les formes sévères à critiques dans ce pays : plus de 80 %.
En revanche, la question de son efficacité sur les variants anglais et brésilien reste en suspens. 

 

Est-ce une bonne idée d’espacer les doses pour vacciner plus rapidement ?

« La Grande-Bretagne a commencé à vacciner plus tôt, avec un approvisionnement différent et une stratégie différente : administrer une seule dose à chacun pour vacciner plus de monde plus vite, mais avec le risque -assumé apparemment- de moins bien vacciner puisque qu’on sait que les vaccins à ARN messager et le vaccin Astra-Zeneca nécessitent l’injection de 2 doses (espacées de 3-4 semaines pour les ARN et de 12 semaines pour les vaccins à adénovirus) pour atteindre leur efficacité optimale. J’ai tendance à penser que la stratégie européenne et nord-américaine est plus fiable à long terme, mais c’est l’avenir qui nous le dira », expliquait le Pr Alain Fisher, lors de son audition au Sénat. Cette stratégie a en effet été adoptée par les britanniques début janvier, au moment de l’apparition d’un variant qui semblait plus contagieux. En France, les autorités se sont refusées à adopter cette stratégie. Dans un avis du 7 janvier 2021, l’ANSM a indiqué que le délai d’administration de la seconde dose pouvait être envisagé entre 21 et 42 jours, au vu des circonstances spécifiques. Néanmoins, dans un avis du 11 janvier, Santé Publique France se disait favorable à une stratégie consistant à utiliser l’ensemble des doses disponibles pour administrer la première dose au plus grand nombre et différer la seconde dose au-delà des 3 ou 4 semaines.

 

Est-il dangereux de vacciner une personne qui a déjà eu le Covid-19 ?

Non, pas plus qu’il n’est dangereux de vacciner contre la grippe une personne qui a déjà eu la grippe dans sa vie.
Selon la HAS, les personnes immunocompétentes ayant fait une infection datée par le SARS-CoV2 prouvée par une PCR ou test antigénique doivent être considérées comme protégées pendant au moins 3 mois mais plus probablement 6 mois. La HAS recommande donc de réaliser leur vaccination au-delà de ce délai de 3 mois après l’infection, de préférence avec un délai proche de 6 mois.
La réalisation d’une sérologie prévaccinale n’est pas pertinente. A ce stade des connaissances, la HAS préconise de ne proposer qu’une seule dose aux personnes immunocompétentes ayant fait une infection par le SARS-CoV-2, quelle qu’en soit son antériorité, car elles ont déjà élaboré à l’occasion de l’infection une mémoire immunitaire.

 

Quelle immunité de groupe faudrait-il atteindre pour reprendre le contrôle sur l’épidémie et retrouver progressivement une vie normale ?

Selon l’Institut Pasteur, il faut que 67% de la population soit immunisée contre ce nouveau coronavirus pour qu’il cesse de circuler de façon épidémique. « La théorie épidémiologique nous enseigne qu’un agent microbien introduit en population s’arrête de circuler quand la fraction de la population immunisée contre cet agent microbien est supérieure ou égale à : 1-1/R0, où R0 est ce fameux nombre de reproduction, soit le nombre de cas secondaires par personne infectée dans une population non immunisée et en l’absence de mesure de contrôle. En France, où le R0 a été estimé à 3 avant le confinement (Salje et al., Science, 2020), cela veut dire qu’il faudrait que 67% de la population française soit immunisée contre ce nouveau coronavirus pour que le virus cesse de circuler de façon épidémique », peut-on lire sur le site de Pasteur.
Par ailleurs, un article paru dans la revue « Nature » en septembre 2020 apporte des réponses plus détaillées à cette question.
Enfin, selon des projections du cabinet de conseil Airfinity, l’Europe pourrait atteindre l’immunité collective en septembre 2021

 

Pour en savoir plus :
https://www.infovac.ch/fr/infovac/actualites/862-vaccins-contre-covid-19-resultats-interimaires-d-efficacite-et-de-securite

https://www.vidal.fr/maladies/voies-respiratoires/coronavirus-covid-19/vaccins.html

 

Que dire à ses patients ?

Constance Maria

Les questions et hésitations des patients sont encore très nombreuses.  Pour vous aider à y répondre au mieux - sans passer vos soirées et week-ends à faire le tour de la littérature scientifique ! - What’s up Doc a interrogé le Dr Bruno Pitard, chercheur du CNRS au centre de cancérologie et d’immunologie de Nantes-Angers et spécialiste des vaccins à ARN.

Que dire sur l'effet des vaccins pour la mortalité et la transmission du virus ?

Dans la première phase de la campagne vaccinale, l’objectif est de protéger les personnes d’un risque de complication et à fortiori, d’éviter les hospitalisations et décès, comme le soulignent ces publications HAS et Pasteur.
En Israël, où 80% des personnes de plus de 60 ans avaient reçu leurs deux doses de vaccin Pfizer à la mi-février, le nombre d’hospitalisations pour cette population avait diminué de 30%. Un premier résultat encourageant dans ce pays le plus avancé, devenu une sorte de laboratoire à ciel ouvert de la vaccination. Compte tenu de l’émergence de variants, l’immunité de groupe pourrait être atteinte lorsque 60% de la population aura été vaccinée. Mais il faudra peut-être un pourcentage plus élevé en cas d’émergence de variants plus contagieux.
L’immunité de groupe acquise par la vaccination ne préviendra pas seulement la maladie mais aussi la propagation de l’infection asymptomatique. Une étude publiée le 24 février 2021 dans le New England Journal of Medicine, conduite en Israël sur près de 1,2 millions de personnes dont la moitié était vaccinée a confirmé une protection par le vaccin Pfizer de 94% contre les formes symptomatiques et de 90% contre les formes asymptomatiques. Néanmoins, à ce stade, les données ont besoin d’être consolidées sur cette question.

Que dire sur l'intérêt de la vaccination pour les patients déjà "covidés" ?

Dans la phase 3 des essais cliniques des trois vaccins Pfizer, Moderna et AstraZeneca, ont été inclus plus d’un millier de volontaires ayant précédemment eu un test PCR ou antigénique positif au SARS-CoV-2. Ils ont reçu au moins une dose de vaccin, sans aucun signal de faible tolérance ou de forme grave de Covid-19 en réaction au vaccin et cette seule dose induisait une réponse immunitaire suffisante. Néanmoins, quelques cas de forte réactogénicité ont été rapportés en vie réelle.
Le 12 février 2021, la HAS a recommandé que la vaccination des personnes non immunodéprimées ayant un antécédent d’infection à SARS-CoV-2 (symptomatique ou non) ne soit pas réalisée dans les 6 mois et qu’elle ne comporte qu’une seule injection, tenant lieu de rappel.
Deux études israéliennes publiées le 8 février sur la plateforme de prépublication MedRxiv ont montré que la charge virale chez des personnes vaccinées et malgré tout porteuses du virus était basse et que ces personnes étaient par conséquent moins contagieuses. Le vaccin Pfizer serait ainsi capable de réduire fortement l’excrétion virale et, par conséquent, la transmission dans la population. Des données à confirmer dans les prochains mois.
 

Quel intérêt pour la vaccination d'un pays, si tous les pays n'ont pas accès de même au vaccin ?

Pfizer BioNTech et Moderna ont annoncé en janvier 2021 que leurs vaccins étaient efficaces contre une mutation clé des variants britannique et sud-africain du coronavirus, la mutation 20I/501Y.V1. Cependant, d’autres études ont montré que différentes mutations dont la E484, réduisait significativement la reconnaissance de la protéine S par les anticorps. Enfin, les phases 2/3 des études cliniques de Novavax et Johnson&Johnson - qui ont été en partie conduites en Afrique du Sud et au Brésil alors que les variants y étaient déjà présents - ont montré une réduction limitée de l’efficacité des vaccins contre les variants. Par exemple, le vaccin Novavax a montré une efficacité de 89% en territoire britannique, versus 60% en territoire sud-africain.
Compte-tenu du fait que le développement de la technologie à ARN messager est rapide, une nouvelle version du vaccin intégrant au moins l’un de ces nouveaux variants pourrait être mis au point en huit semaines, ce qui est rassurant pour l’avenir.  

 

Quelles informations donner sur les effets secondaires ?

Sophie Cousin

Comment répondre aux questions des patients hésitant à se faire vacciner ? Le Dr Marie Lachatre, médecin infectiologue au Centre d’investigation clinique Cochin-Pasteur (AP-HP) fait la synthèse des connaissances à ce jour sur les effets secondaires du vaccin Astra-Zeneca et des autres, en répondant aux questions posées par nos patients !

Les nombreux effets secondaires du vaccin Astra-Zeneca ne sont-ils pas inquiétants ?

Dans son dernier avis daté du 26 mars, l’ANSM « confirme la survenue, très rare d’un risque thrombotique chez les personnes vaccinées par le vaccin AstraZeneca », mais rappelle que l’Agence européenne du médicament confirme la balance bénéfice/risque positive de cette vaccination. 
A cette date, sur un total de plus d’1,4 millions d’injections, 5 700 cas d’effets indésirables ont été analysés par les Centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV), la grande majorité étant des syndrome pseudo-grippaux, souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures, céphalées). 
Depuis le début de la vaccination AstraZeneca en France, 29 évènements thromboemboliques ont été signalés, dans un délai médian de 8,5 jours après l’injection.  « Parmi l’ensemble de ces cas, 9 cas de thromboses des grosses veines, atypiques par leur localisation (cérébrale en majorité, mais également digestive), pouvant être associés à une thrombopénie ou à des troubles de coagulation ont été déclarés, dont 2 décès »
Les effets indésirables de réactogénicité étant plus fréquents chez les personnes de moins de 55 ans, la HAS a préconisé d’utiliser les vaccins à ARN messager dans cette population et de réserver pour le moment le vaccin AstraZeneca aux plus de 55 ans, dans l’attente de données complémentaires. 
Au niveau européen, un groupe d’experts est réuni pour étudier le mécanisme d’action, les éventuels facteurs de risque sous-jacents et toute donnée supplémentaire pour expliquer les évènements observés. 
Les médecins vaccinateurs doivent indiquer aux personnes vaccinées de consulter immédiatement en cas de symptômes persistants au-delà de 3 jours après la vaccination : essoufflement, douleur thoracique, gonflement des jambes, une douleur abdominale, des maux de tête sévères, une vision floue. 

Est-il vrai que les vaccins Pfizer et Moderna ont moins d’effets secondaires ?

Dès le début des essais cliniques, des effets indésirables non graves mais plus fréquents qu’avec les vaccins ordinaires, ont été rapportés avec ces deux vaccins. Il s’agissait de symptômes assez classiques : rougeurs et douleur au point d’injection, maux de tête, fatigue, douleurs polyarticulaires. Ces effets secondaires pouvaient se produire dans les trois jours suivant la vaccination et passaient sous paracétamol. Et il faut bien garder en tête que la campagne de vaccination a commencé par les personnes plus âgées qui, en général, réagissent moins aux vaccins que les personnes plus jeunes.  
-Vaccin Pfizer : selon l’ANSM, depuis le début de la vaccination Pfizer, près de 11 000 cas d’effets indésirables ont été analysés par les CRPV. La majorité des effets indésirables sont attendus et non grave : fatigue, maux de tête, fièvre, douleurs musculaires -ces effets étant plus marqués après la 2èmedose de vaccin. Parmi les rares effets graves, troubles du rythme cardiaque, zona et HTA font l’objet d’une surveillance particulière. 
-Vaccin Moderna : 458 cas d’effets indésirables ont été rapportés depuis le début de cette vaccination. « Un grand nombre de cas concerne des réactions retardées locales non graves. Quelques cas d’hypertension artérielle, d’arythmie et de zona ont été rapportés ». « La surveillance attentive de ces cas se poursuit »souligne l’ANSM dans son avis du 19 mars
Pour le vaccin Janssen, l’autorisation est trop récente pour avoir des remontées.  

Est-on certain que les vaccins à ARNm ne vont pas modifier nos gènes à long terme ?

Absolument certain. Quand ils sont administrés, ces vaccins arrivent dans le cytoplasme de la cellule, pas dans le noyau, là où se trouve le génome. Une fois introduit, le vaccin va juste utiliser la machinerie cellulaire pour fabriquer la protéine dont il porte le gène, c’est-à-dire la protéine Spike dans la très grande majorité des vaccins. Une fois que cette protéine est produite, l’organisme développe son immunité contre la protéine S. Il n’y a donc aucun risque. 
Plus d’infos sur le site de l’Inserm.

Je ne vaccine pas : à qui j’envoie mes patients ? 

Constance Maria

Le gouvernement appelle massivement à la vaccination. Si vous ne vaccinez pas, comment orienter vos patients qui souhaitent recevoir leur injection ? Et comment vous y prendre pour intégrer le camp des vaccinateurs ? WUD fait le point. 

La vaccination peut-être réalisée par des professionnels de santé, dès lors que ceux-ci sont volontaires. Si ce n'est pas votre cas, vos patients vous demandent sûrement la marche à suivre. 

A qui adresser mes patients ? 

Contactée par WUD, la DG a repris les principales ressources vaccinales vers qui vous pouvez orienter votre patient. "Les patients éligibles suivis par des médecins qui ne pratiquent pas la vaccination peuvent : 

  • Demander à leur médecin de les diriger vers un confrère ; 
  • Se tourner vers leur pharmacien, ou s’il ne pratique pas non plus la vaccination, leur demander de les diriger vers un confrère ; 
  • S’orienter vers les dispositifs locaux mis à disposition pour aider à la prise de rendez-vous, comme les plateformes téléphoniques départementales ou régionales ;
  • Prendre rendez-vous en ligne via le site sante.fr ou l’une des plateformes de prise de rendez-vous (Doctolib, Maiia, Keldoc et Clickdoc) ; 
  • Contacter le numéro vert national (0800 009 110) pour être redirigé vers le standard téléphonique du centre le plus proche ou obtenir un accompagnement à la prise de rendez-vous", détaille l'institution.  

Des vaccinodromes ouvrent également leurs portes un peu partout en France à partir du 6 avril. Entre 100 et 200 centres vont ouvrir et chaque département en aura au moins un. C'est le cas notamment du Stade de France, qui a déjà accueilli ses premiers vaccinés et où 10 000 personnes pourront recevoir leur injection chaque semaine. 

Qui peut vacciner ? 

Le site du ministère de la Santé détaille la liste des professionnels qui peuvent vacciner dans les centres de vaccination : 

  • "l’ensemble des professionnels de santé 
  • les autres professionnels des établissements de santé et des établissements et services médico-sociaux (les personnels employés par l’établissement et les personnels d’entreprises prestataires exerçant en continu au sein de l’établissement),
  • les professionnels des résidences services,
  •  les professionnels des centres d’hébergement spécialisés pour les personnes atteintes de la Covid-19,
  • les professionnels de l’aide à domicile et les salariés du particulier employeur intervenant auprès de personnes âgées et handicapées vulnérables (recevant l’APA ou la PCH),
  • les prestataires de services et distributeurs de matériel intervenant au domicile des patients ;
  • les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires ;
  • les personnels composant les équipages des véhicules des entreprises de transport sanitaire ; 
  • les étudiants et élèves en santé au contact des patients ; 
  • les assistants de régulation médicale durant leurs stages en établissement ou en SMUR ; 
  • les professions à "usage de titre" reconnues par diverses lois non codifiées (ostéopathes, chiropracteurs, psychothérapeutes, psychologues) ; 
  • les secrétaires médicaux en cabinet de ville et les assistants médicaux."

Parmi les professionnels de santé, peuvent vacciner : 

=> Les professions médicales :

  • médecin,
  • chirurgien-dentiste ou odontologiste,
  • sage-femme

=> Les professions de la pharmacie et de la physique médicale :

  • pharmacien,
  • préparateur en pharmacie et préparateur en pharmacie hospitalière,
  • physicien médical

=> Les auxiliaires médicaux, aides-soignants, auxiliaires de puériculture et ambulanciers :

  • infirmier de soins généraux ou spécialisé, infirmier ou infirmière en pratique avancée,
  • masseur-kinésithérapeute,
  • pédicure-podologue,
  • ergothérapeute et de psychomotricien,
  • orthophoniste,
  • orthoptiste,
  • manipulateur d’électroradiologie médicale,
  • technicien de laboratoire médical,
  • audioprothésiste,
  • opticien-lunetier,
  • prothésiste et orthésiste pour l’appareillage des personnes handicapées,
  • diététicien,
  • aide-soignant,
  • auxiliaire de puériculture,
  • ambulancier,
  • assistant dentaire.

=> Les conseillers en génétique ;

=> Les biologistes médicaux.

Où vacciner ? 

La vaccination se pratique dans divers endroits : 

  • Dans les centres de vaccination ; 
  • Dans le cabinet de ville pour le vaccin AstraZeneca ; 
  • Au domicile des patients ; 
  • Dans les établissements pour personnes âgées. 

Comment s'inscrire ? 

Vous ne vaccinez pas encore mais vous voulez vous y mettre ? Pour vacciner en centres, il faut déclarer cette activité à l'Ordre des médecins, le centre de vaccination peut également le faire pour vous. 

Concernant la vaccination en cabinet de ville, l'ensemble des médecins généralistes et spécialistes peuvent s'inscrire auprès d'une officine pour recevoir des vaccins AstraZeneca, "il suffit de fournir à l’officine de votre choix (ou celle de votre organisme d’emploi) votre code RPPS afin de procéder à votre rattachement et ainsi bénéficier d’un quota d’approvisionnement", détaille le ministère sur son site. 

"Les critères d’éligibilité sont très larges. Ainsi, à l’exception notable des médecins retraités et des praticiens exerçant exclusivement au sein de l’hôpital public, tous les médecins sont susceptibles de se rattacher à une officine afin d’y recevoir les dotations de vaccin mises en place par le ministère".

Où trouver les informations ? 

Toutes les informations relatives à la vaccination pour les professionnels sont recensées dans les "Portfolios de fiches techniques pour les professionnels de santé". 

Pour trouver un lieu de vaccination, c'est ici.  

Je vaccine en cabinet : comment m'organiser ? 

Constance Maria

Sensible aux appels roucoulant du gouvernement, vous vous lancez dans l'aventure de la vaccination ? Voici ce qu'il faut savoir. 

Comment s’enregistrer ?

Pour vacciner en cabinet de ville, il suffit de se rattacher à l'officine de son choix. "Cette opération simple ne requiert que l’enregistrement du nom et du numéro RPPS du praticien, données saisies par l’officine dans le portail de télé déclaration : declarations-pharmacie.ars.sante.fr", précise le site du ministère de la Santé. 

Comment recevoir des vaccins ?

Concernant le vaccin AstraZeneca, la DGS, contactée par la rédaction rappelle que "les médecins de ville volontaires peuvent commander des doses AZ en se rapprochant de l’officine de son choix. L’officine doit ensuite saisir le nom et le numéro RPPS du médecin sur le portail de télé déclaration : declarations-pharmacie.ars.sante.fr". 

Comment s’équiper  ?

Concernant l'équipement pour vacciner en cabinet de ville (AstraZeneca), le ministère des Solidarités et de la Santé récapitule le matériel fourni lors de la commande : "Un stock d’aiguilles et de seringues est fourni à l’officine avec la première livraison de vaccin. Les aiguilles et seringues livrées sont uniquement destinées à l’usage de la vaccination, lors de la remise des flacons de vaccin le pharmacien délivrera le nombre d’items d’injection conforme au nombre d’injections à réaliser (10 doses par flacon AstraZeneca). Les réapprovisionnements en aiguilles et seringues seront effectués au fil de l’eau en fonction du volume des livraisons ultérieures de vaccins". 

Comment transporter et stocker les vaccins ?

A la réception, il suffit d'aller les chercher directement dans l'établissement. Pour le transport, munissez-vous idéalement d'un sac isotherme. A défaut, il faudra les transporter à température ambiante "dans un emballage opaque en position verticale et en évitant de secouer le(s) flacon(s). Dans ce cas la durée de conservation est limitée à 6 heures suivant le retrait du ou des flacons hors du réfrigérateur et il vous appartient d’organiser les vaccinations dans ce laps de temps".

Les pharmaciens pourront bientôt fournir "un conteneur consigné (boîte isotherme munie de plaques de réfrigération) permettant un transport conforme à 2-8°C jusqu’à votre cabinet. Vous devrez retourner ce conteneur au pharmacien dès le transport effectué". Dans le cas le transport s'effectue ainsi, il est possible de conserver les doses pendant 48h dans réfrigérateur réglé et stabilisé entre 2°C et 8°C. Attention à bien penser à remettre le flacon au frais entre 2 injections.

Quelles étapes avec chaque patient ? 

Pour chaque patient vacciné, il s'agit en amont de vérifier qu'il fait partie du public prioritaire adapté au vaccin proposé, de l'absence de contre-indications mais également de recueillir son consentement. Ce dernier n'est pas obligé d'être recueilli par écrit. Un accord verbal suffit dès lors que la personne est en capacité de fournir un consentement éclairé. L'information fournie doit être "loyale, claire, appropriée et compréhensible". La vaccination peut ensuite s'effectuer dans la foulée, il n'est pas nécessaire de respecter un délai entre le recueil du consentement et l'acte vaccinal. 

Après l'injection, le médecin doit "placer le patient sous surveillance pendant au moins 15 minutes", comme le précise l'Assurance Maladie sur son site. Le but est de "détecter la survenue d’une réaction anaphylactique". En amont, assurez-vous de disposer "du matériel et des produits pharmaceutiques adaptés dont de l’adrénaline injectable".

Que faire si un patient rate son rendez-vous ? 

On le sait, les doses sont précieuses et aucune gouute ne doit être gâchée. Alors certes pour le moment vous vous battez plutôt pour en avoir et n'en êtes pas encore à lutter contre le gaspillage, mais que faire par exemple si un patient n'honore pas son rendez-vous et que votre flacon, ouvert, doit être vite utilisé ? Pour répondre à cette question, des bénévoles ont créé Covidliste, une application qui permet de mettre en relation des futur.e.s vacciné.e.s avec une dose qui doit être consommée rapidement. Pour l'instant ce sont surtout les centres de vaccination qui ont recours à cette application, mais les fondateurs espèrent qu'elle se fera une place dans les cabinets de ville et les officines pour un objectif : #AucuneDosePerdue. 

 

Conseil de classe des vaccins 

Constance Maria

[Mise à jour le 13 avril 2021] - Quels sont les vaccins disponibles en France à ce stade ? Comment se conservent-ils ? Combien de doses contient chaque flacon ? WUD fait le point. 

A l'heure actuelle, 3 vaccins sont utilisés dans la campagne de vaccination en France et un petit dernier va être accueilli dans les centres à partir du 19 avril. Quels sont les 4 élèves de cette classe vaccinale ? 

Le premier de la classe : Pfizer/BioNTech 

Premier à recevoir une autorisation en Europe, et avec des notes qui caracolent en tête, il est le it-vaccin que tout le monde veut. 

Le type de vaccin

C'est un vaccin à ARN messager "comprenant des instructions pour la production d’une protéine à partir du SARS-CoV-2, le virus qui provoque la COVID-19. Comirnaty ne contient  pas le virus lui-même et ne peut provoquer la COVID-19", précise l'ANSM.

Le labo 

Dénommé COMIRNATY® ce vaccin est issue d'une collaboration entre le laboratoire américain Pfizer et l'allemand BioNTech. 

Conservation et transport 

Le vaccin doit être conservé entre -60°C à -80°C selon les données de l'ANSM. Ensuite, le vaccin non reconstitué peut être conservé au maximum pendant 5 jours dans un réfrigérateur entre 2 et 8° avec vérification de la température plusieurs fois par 24h et enregistrement sur la feuille de traçabilité selon les informations du ministère de la Santé. Une fois reconstitué, le vaccin peut petre conservé 6h maximum entre 2 et 30°. 

Combien de doses par flacon ?

"Il est possible d'obtenir six doses à partir d'un flacon de vaccin dilué et de le répartir dans 6 seringues si vous utilisez des seringues et/ou des aiguilles à faible volume mort pour toutes les doses", rappelle le ministère de la Santé. 

Quelle efficacité ? 

Lors des essais cliniques portant sur 44000 participants, ce vaccin offrait environ 95% d’efficacité.  Les laboratoires viennent également de communiquer mercredi 31 mars que le vaccin serait efficace à 100% chez les 12-15 ans. 

Quelles contre-indications ?

Le vaccin est contre-indiqué à toutes les personnes allergiques ou ayant une hypersensibilité à l'un de ses composants. 

Le discret : Moderna 

Même s'il n'a pas fait les gros titres de la presse, ne le sous-estimez pas. Il a été le deuxième vaccin validé par l'EMA. 

Le type de vaccin

Il s'agit également d'un vaccin à ARN messager. 

Le labo 

Son nom est Vaccine Moderna®, il a été développé par le laboratoire américain Moderna. 

Conservation et transport 

Le flacon décongelé non ouvert peut être conservé dans le réfrigérateur à une température entre 2 et 8°, à l'abri de la lumière pour une durée de 30 jours, conformément aux indications du ministère de la Santé. La température doit être vérifiée plusieurs fois par 24 heures et être renseignée sur une feuille de traçabilité. La conservation entre 8 et 25° des flacons non percés ne peut pas excéder 12h. 

En revanche, le vaccin doit être transporté à -20°. Cela se fait alors sans restriction de temps. Une fois décongelé, le flacon non percé peut-être transporté en moins de 12h entre 2 et 8° dans un véhicule motorisé . Attention à ne pas le secouer pendant le transport. 

Combien de doses par flacon ?

Un flacon permet d'effectuer dix injections. 

Quelle efficacité ? 

Son efficacité a été estimée par le laboratoire à 90%. 

Quelles contre-indications ou précautions ?

Le vaccin Moderna est indiqué pour les personnes de 18 ans et plus. Il est contre-inidiqué uniquement en cas d'antécédent d'hypersensibilité à l'un des composant, notamment le polyéthylène glycol (PEG), ou d'allergie au polysorbate ou à la trométhamine (TRIS, trométamol), il existe en effet un risque d’allergie croisée avec le PEG. 

Le dissipé : AstraZeneca 

Lui ne cesse de faire des remous. Au point d'être suspendu temporairement avant d'être réintégré. 

Le type de vaccin

Le vaccin est "constitué d’un autre virus (de la famille des adénovirus) qui a été modifié de façon à contenir le gène permettant de produire une protéine du SARS-CoV-2. COVID-19 Vaccine AstraZeneca ne contient pas le virus lui-même et ne peut pas provoquer la COVID-19", définit l'ANSM. 

Le labo 

Le vaccin a été fabriqué par le laboratoire britannique AstraZeneca. 

Conservation et transport 

Avant ouverture, la conservation au réfrigérateur entre 2 et 8° peut aller jusqu'à 6 mois. Le flacon ouvert peut être conservé 48h dans un réfrigérateur à une température de 2 à 8°. Au delà et jusqu'à 30°, sa conservation ne peut excéder 6h. 

Combien de doses par flacon ?

Chaque flacon contient 10 doses. 

Quelle efficacité ? 

Son efficacité lors des essais cliniques réalisés sur 24 000 participants a été estimé à environ 60%, comme le rapporte l'ANSM. 

Quelles contre-indications ?

Le vaccin a été temporairement suspendu suite à des cas mortels de thrombose. Dans son point de surveillance du 12 au 18 mars l'ANSM avait indiqué : "le caractère très atypique de ces thromboses, leurs tableaux cliniques proches et le délai de survenue homogène conduisent le comité de suivi à confirmer la survenue, très rare, de ce risque thrombotique chez les personnes vaccinées par le vaccin AstraZeneca. Il est rappelé que l’Agence européenne du médicament (EMA) confirme la balance bénéfice/risque positive de la vaccination avec AstraZeneca dans la prévention de la Covid-19".

Mardi 6 avril, l'EMA s'est exprimé lors d'une conférence de presse. L'Agence européenne a indiqué "un lien possible avec de très rares cas de caillots sanguins inhabituels avec des plaquettes sanguines basses". Aucun facteur n'a cependant été identifié et l'EMA maintient sa position d'une balance bénéfice/risque favorable. 

Vendredi 9 avril, la Haute Autorité de Santé française a préconisé que les moins de 55 ans ayant reçu une première injection de ce vaccin, se fasse vacciner avec un autre candidat pour la seconde. La HAS opte pour un vaccin à ARN messager, donc Pfizer ou Moderna. 

 

Le petit nouveau : Janssen 

4ème et pour l'instant petit dernier à avoir été validé par l'EMA, il devait débarquer en grand pompe le 12 avril en France, avec une semaine d'avance ! Et dès le 13, son utilisation a été suspendue. 

Le type de vaccin

"Il s’agit d’un vaccin à vecteur viral modifié afin de l’empêcher de se répliquer, développé à partir d’adénovirus", comme le définit la HAS. 

Le labo 

Ce vaccin a été mis au point par le laboratoire Janssen, une filiale du groupe américain Johnson & Johnson. 

Conservation et transport 

"Le flacon se conserve fermé jusqu’à 3 mois et 6 heures après ouverture dans un réfrigérateur classique (entre 2 à 8°C)", rappelle la HAS.

Combien de doses par flacon ?

Chaque flacon contient 5 doses. 

Quelle efficacité ? 

"Son efficacité a été établie par l’essai de phase III Ensemble comptant 43 783 participants de toutes catégories d’âge. Elle s’élève à 66% en moyenne sur la durée de l’étude, et augmente à partir d’au moins 14 jours après l’injection sur les formes ayant nécessité une hospitalisation (93,1%) et sur les formes sévères/critiques de la maladie (76%)", explique la HAS. 

Quelles contre-indications ?

Il est contre-indiqué en cas d'allergie à l'un de ses composants. Après 6 cas de caillots sanguins, dont un mortel, aux Etats-Unis, la Food & Drug Administration a recommandé de faire une pause dans son utilisation. L'EMA a également annoncé avoir lancé une étude sur les liens possibles entre le vaccin et la formation de caillots. Mais à ce stade, le lien de causalité n'est pas établi. Affaire à suivre donc. 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.