Trophées de la santé mobile 2018 : le palmarès

Les applis arrivent à maturité

Les gagnants des Trophées de la santé mobile sont connus : l’évènement a notamment consacré Kobus App, une application destinée aux kinés. Pandalab, un WhatsApp pour les professionnels de santé, a également séduit le jury.

Comme What’s up Doc l’annonçait il y a une semaine, les Trophées de la santé mobile 2018 ont récompensé ce vendredi les applications et les objets connectés de santé.

Cinq catégories étaient mises à l’honneur. Trois pour les applis mobiles – grand public, professionnels de santé, suivi – deux pour les objets connectés – dédiés au diabète et au sommeil. Un trophée supplémentaire a récompensé l’appli « coup de coeur du jury », et le grand trophée de l’application mobile de santé 2018 a consacré l’application préférée des examinateurs.

40 % d’applis non conformes

Au total, 87 applications étaient candidates pour les récompenses, conçues par des startups, des laboratoires pharmaceutiques, des associations de patients, des groupements de professionnels, des organismes payeurs… Parmi elles, seules 50 ont passé la première étape de sélection, à savoir franchir le niveau 1 du label mHealth Quality de dmd Santé, organisateur de l’évènement.

« Cela marque la dynamique et la diversité du marché de la santé mobile et connectée », analyse Guillaume Marchand, président de dmd Santé. « Pourtant, celle-ci est encore adolescente. De fait, 40 % des applications n’ont pas franchi la barre de l’auto-questionnaire mHealth Quality et ne correspondaient donc pas aux prérequis en termes médicaux, juridiques, éthiques… »

Les rescapées ont été évaluées par un jury composé de professionnels de santé, de représentants de sociétés savantes, de membres d’associations de patients et d’experts de la santé mobile. Les critères : intérêt, ergonomie, et un avis personnel.

Les applications récompensées

Application mobile grand public : "Activ’dos" de l’Assurance Maladie aide les patients (et le grand public) à se préserver des douleurs et pathologies dorsales. Elle permet de mieux connaître son dos, et propose des exercices simples avec un suivi de la douleur.

Application mobile de suivi : le jury a récompensé "Engage" de Exolis. Elle simplifie le recueil de questionnaires médicaux, de consentements, et propose des contenus pédagogiques. Les établissements de santé peuvent créer des questionnaires, et piloter la coordination des soins à l’hôpital, et en ville.

Application mobile pour les professionnels de santé : "Pandalab" est une messagerie instantanée créée par un médecin, une sorte de WhatsApp pour les soignants. Ils peuvent échanger des messages des données de santé, des photos, des fichiers… Le tout est sécurisé, et respecte les lois françaises sur le traitement des données de santé.

Le coup de coeur du jury : Les jurés ont décidé d’encourager "Libhéros Pro", de Lib-héros. Il s’agit d’une plateforme d’organisation des soins à domicile pour les infirmiers, mais aussi les kinés ou les sages-femmes. Elle rassemble les informations sur les soins pratiqués, permet de gérer les disponibilités des soignants, et facilite ainsi l’ambulatoire.

Grand trophée : Grande gagnante, "Kobus App" de Kobus Tech décroche la palme d’or. Cette application destinée aux kinésithérapeutes leur permet de réaliser des bilans avec plus de 1 000 tests validés, et un suivi des patients permettant notamment d’évaluer leur évolution et de les impliquer dans leurs séances. Elle dispose également d’une fonction messagerie, pour communiquer les bilans.

Deux objets connectés couronnés

Du côté des objets connectés, seules deux catégories sur les trois prévues ont été maintenues. Aucun n’a récompensé la catégorie cardio-pulmonaire, les juges estimant que les objets présentés n’apportaient pas suffisamment de plus-value par rapport aux années précédentes.

Objet connecté dédié au sommeil : "Oura ring" est une bague connectée qui suit l’activité physique ainsi que le sommeil de l’utilisateur. Elle s’accompagne d’une appli mobile, qui permet de consulter et d’analyser ses données récoltées automatiquement. Les premiers essais cliniques réalisés montrent qu’elle est précise dans l’évaluation du temps de sommeil. Celle-ci fournit également des indications à l’utilisateur afin de l’aider à mieux le réguler.

Objet connecté dédié au diabète : "Freestyle libre", d'Abbott, est un glucomètre connecté, ne nécessitant pas de piqûre. Un capteur placé à l’arrière du bras mesure le taux de glucose dans le liquide interstitiel, et il suffit de passer un lecteur au dessus pour obtenir une mesure. Le lecteur analyse les tendances sur huit heures, détectant par exemple les hypoglycémies nocturnes.

Un marché en devenir

La santé mobile s’organise, et la journée des Trophées de la santé mobile en est témoin chaque année. « 2017 a vu le déploiement d’expérimentations et des amorces de remboursement de la santé connectée pour la diffuser au plus grand nombre », se réjouit Guillaume Marchand.

« Pourtant, le chemin qu’il reste à parcourir est encore long pour atteindre la pleine maturité et de nombreuses questions sont encore sans réponse tant dans les modes d’innovation et de développement que sur l’usage des données de santé ; sans parler du financement de la santé connectée ».

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

 

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