Quand le combat de catch tourne au tango langoureux

Controverse consensuelle aux Trophées de la santé mobile

La première table ronde des Trophées de la santé mobile promettait un bel affrontement entre patients et professionnels de santé. Mais le combat n’a pas eu lieu, et c’est plutôt à un plaidoyer commun en faveur du numérique que nous avons assisté.

 

Quatre intervenants divisés en deux camps : patients d’un côté, professionnels de santé de l’autre. Belle affiche en forme de match de catch lundi dernier aux Trophées de la santé mobile. La table ronde était intitulée « Patients et professionnels de santé : la controverse de la santé connectée ». On nous avait promis du sang sur les murs, et nous nous sommes précipités.

Nous nous délections par avance des réprimandes que les patients ne manqueraient pas d’adresser à des médecins complètement offline. Nous savourions déjà les griefs de ces mêmes médecins à l’encontre de patients qui ont pris l’habitude de leur tenir tête du haut de leur Wikipédia mal digéré.

Mais au lieu de l’affrontement annoncé, c’est un ballet harmonieux qui s’est joué à la tribune. « Ca ne commence pas très bien, vous êtes d’accord avec nous », constatait dès les premiers instants Anne Buisson, de l’Association François Aupetit. Le Dr Amina Yamgnane, chef du service de maternité à l’Hôpital américain de Neuilly, venait en effet de dire du bien de la santé connectée, qui selon elle améliorait le niveau de connaissance des patients.

« Ca nous fait bosser plus »

Lucien Bennattan, président de Pharmacie Référence Groupe, a bien tenté d’introduire la discorde. « Il y a des sites sur lesquels 30 à 40% de l’information n’est pas fiable », lançait-il pour discréditer les connaissances trop rapidement acquises par les patients sur le Net. Il n’en fallait pas davantage à Amina Yamgnane pour se lancer dans un vibrant plaidoyer en faveur de la libre recherche de l’information par le patient sur la toile.

« Bien sûr qu’un patient qui s’est baladé sur le Net, c’est moins facile à gérer qu’un patient tout nu sur le dos », lançait la gynécologue. « Ca nous fait bosser plus, et c’est une perte de pouvoir ». Mais sur le long terme, le patient informé est largement préférable. « Certes, la première consultation prend beaucoup de temps », indique Amina Yamgnane. « Mais une fois que les choses sont posées, c’est beaucoup plus simple… et les gens tombent moins malade ! ».

Les associations de patients présentes ne pouvaient qu’approuver un tel discours. Et sur tous les sujets de ce débat, loin de l’affrontement escompté, l’accord entre professionnels et patients fut presque parfait. La sécurité des données ? C’est un sujet important, mais ce n’est pas le seul. Le numérique ? Il faut y aller, bousculer les réticences et le retard des professionnels en la matière. Les objets connectés et les applis ? Il faut les construire de manière à ce qu’ils collent aux usages du public, les améliorer pour qu’ils s’intègrent mieux dans le parcours du patient.

Bref, la controverse entre patients et professionnels a tourné à la symbiose… Et c’est plutôt une bonne nouvelle !

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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