Premières et dernières fois : David Boccara

Futur PU-PH en chirurgie plastique, hôpital Saint-Louis, AP-HP.

La première fois où

… tu as voulu faire médecine et de la chir’ plastique ?
 
David Boccara. Je n’ai pas de souvenir précis, mais mon père était généraliste, j’ai donc peut-être toujours été attiré par ça. C’est un environnement qui m’a plu, j’ai aimé voir mon père travailler, voir cette relation particulière qu’on tisse avec les gens. Pour la chir’ plastique, pour être honnête, quand j’étais externe je voulais faire de la médecine, mais c’est après les stages que j’ai commencé à aimer la chirurgie. Dès mon premier semestre d’internat, j’ai adoré la chirurgie plastique. Il ne faut jamais avoir l’esprit fermé en médecine.
 
… tu es entré dans un bloc opératoire ?
 
DB. Je m’en souviens très bien, c’était le 1er septembre 1997. C’était le stage infirmier que l’on doit réaliser après le concours. J’ai fait ce stage en chirurgie digestive à Beaujon, et la première opération que j’ai vue était une hépatectomie partielle. J’avais trouvé ça fabuleux, même si je n’avais pas à ce moment l’envie de faire de la chirurgie. Cette expérience m’a laissé un souvenir très fort, d’autant que le chirurgien était une personne impressionnante et charismatique.
 
… tu as opéré seul ?
 
DB. C’était une opération modeste, en premier semestre, un lipome sous anesthésie locale. On se sent le roi du monde, même si on pratique un geste mineur. On a l’impression qu’on a créé un lien éternel avec le patient, on ressent sa confiance en l’opérateur. Je me souviens très bien du visage de la patiente, je pourrais encore la reconnaître aujourd’hui. Ce premier geste autonome m’a encore plus motivé pour la chirurgie. Ce ne sont pas les plus grands exploits qui laissent les plus grands souvenirs.

Et la dernière fois où

… tu as été affecté par une situation ?
 
DB. Il y a quelques jours, j’ai vu une dame pour une reconstruction mammaire. C’est une chirurgie lourde, que l’on a reprise plusieurs fois au bloc. Je la revois en consultation, après que nous avons enfin terminé toute la reconstruction. Elle m’annonce alors qu’elle a une récidive de son cancer... C’est la face cachée de la chir’ plastique, on a aussi des gens malades. Enfin de façon plus générale, je m’occupe aussi de transsexuels, je fais face à des souffrances qui me touchent au quotidien.
 
… tu n’as pas su faire ?
 
DB. En bon chirurgien, je dirai que la dernière fois que je n’ai pas su faire c’est quand j’ai dû connecter les enceintes Bluetooth au bloc, je n’ai jamais été très doué en informatique. Plus sérieusement, heureusement, j’ai aujourd’hui l’expérience pour ne plus me retrouver devant ce type de situation.
 
... tu as pensé à faire autre chose que de la chirurgie plastique ?
 
DB. Tous les jours je répète la même chose à mon entourage : j’ai l’impression qu’on a inventé ce métier pour moi. Mais même si je fais du sport, il y a des fois où j’aimerais prendre six mois pour un entraînement intensif. C’est probablement plus un rêve, un peu comme un rêve d’enfant. L’idée d’arrêter ne m’a donc jamais traversé l’esprit, d’autant plus que j’aime transmettre l’amour de ma spécialité, dans l’esprit de pédagogie et d’équipe qui règne au sein de mon service.
 

Portrait de Idris Amrouche
article du WUD 45

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