Octobre rose et Movember, côté finances

Touche pas au grisbi !

Opérations de sensibilisation, Octobre Rose et Movember sont aussi des occasions de collecter des dons en faveur de la recherche. Mais le bilan financier de ces grandes mobilisations n’est pas toujours simple à faire.

 

Novembre (pardon : Movember) touche à sa fin. Un mois plus tôt, c’était Octobre Rose qui s’achevait. La fièvre des mois à thème ne reprendra qu’en mars prochain, avec la lutte contre le cancer colorectal. Une bonne occasion de poser la question financière : ces opérations de communication, ça rapporte ?

Movember : une organisation centralisée

Chez Movember, tout est centralisé. « Pour faciliter la récolte de dons et assurer une transparence optimale, nous tenons à ce que l’intégralité des versements des dons passe par une unique plateforme : le site fr.movember.com », indique Mark Leruste, responsable de Movember France.

« Les fonds récoltés permettent de financer le Plan d’Action Global, un ensemble de programmes internationaux de recherche médicale sur les cancers de la prostate et des testicules, fondés sur un mode collaboratif entre des chercheurs du monde entier », précise le moustachu.

Les résultats financiers sont relativement modestes : la fondation Movember France déclarait avoir récolté 120 000 € en 2012, et les dons se sont élevés à 520 000 € en 2014. Mais l’Hexagone ne pèse pas grand-chose dans l’effort global en faveur de la moustache : au niveau mondial, les « Mo Bros » et « Mo Sistas » revendiquent un total de 71 millions d’euros de dons pour 2014.

Octobre Rose : des initiatives multiples

Octobre Rose est au contraire beaucoup plus décentralisé. L’association « Le cancer du sein, parlons-en », historiquement à l’origine de l’opération en France, tient à le souligner. « Nous sommes à l’initiative d’Octobre Rose », explique Nathalie Ducongé, chargée de projet, « mais il y a beaucoup d’autres associations qui font beaucoup de choses ». La représentante de « Le cancer du sein, parlons-en » peut seulement assurer que son association finance des prix pour les chercheurs à hauteur de 200 000 € par an.

Mais il y a bien d’autres initiatives. La Ligue contre le cancer estime par exemple collecter entre 300 000 et 400 000 € sur le mois  « Cela représente une somme importante, mais pas extraordinaire », tempère Christophe Leroux, directeur de la communication et du développement de l’association qui indique que les sommes vont intégralement au financement de la recherche.

Résultat du foisonnement d’initiatives occasionné par Octobre Rose : personne n’est vraiment capable d’en dresser un bilan financier. « Cela n’a jamais été fait », reconnait Nathalie Ducongé. D’ailleurs, c’est probablement impossible. « Les initiatives privées, y compris les initiatives d’ordre commercial, explosent pendant Octobre Rose », explique Christophe Leroux. « C’est le "pink-washing" : on repeint tout en rose pendant un mois ».

Chez « Le cancer du sein, parlons-en », on se fait même agressif face à ce phénomène. « Nous jouons la transparence », affirme Nathalie Ducongé, « mais il y a des associations qui n’ont peut-être pas envie de tout communiquer ». L’argent, éternelle question qui fâche.

Source: 

Adrien Renaud

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