Médecins syriens : Des humanitaires récoltent des fonds

L’UOSSM à la manoeuvre

L’Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux (UOSSM) France organise le samedi 25 novembre un dîner de gala caritatif pour récolter des fonds afin de financer notamment ses actions médicales et humanitaires en Syrie.

« Les Français doivent savoir ce qu’il se passe là-bas », confie à What’s up Doc le Dr Ziad Alissa, médecin anesthésiste-réanimateur et président de l’Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux (UOSSM). Dans un rapport publié en mars 2017, l’organisation internationale indique que certains hôpitaux ont été frappés par une frappe aérienne directe ou indirecte en 2016 jusqu’à 25 fois. La moyenne est de trois attaques pour un hôpital. L’UOSSM explique notamment que les trois-quarts des hôpitaux syriens examinés étaient situés dans des bâtiments non destinés à accueillir des infrastructures médicales.

En 2016, on comptait 2 médecins pour 10 000 habitants dans le pays. L’organisation humanitaire alerte notamment sur la situation dans la région de la Ghouta, zone rebelle située près de Damas, « assiégée par le régime syrien depuis 2013, (qui) reçoit l'aide humanitaire au compte-gouttes et les premières victimes de ces restrictions sont les enfants. » Outre la résurgence de la rougeole, un chirurgien de l'UOSSM travaillant sur place raconte que les médecins doivent utiliser « des sutures périmées ou en nylon pour suturer des opérations cardiaques ».

« Les gens n’ont plus les moyens de se soigner »

Selon l’ONG, l'espérance de vie des syriens a diminué de plus de 20 ans depuis le début de la crise en 2011. Aujourd’hui, 11,5 millions de syriens ont besoin de soins de santé. « Il y a un manque de tout dans le pays, mais les hôpitaux manquent surtout de médicaments », souligne le Dr Ziad Alissa. « On pense souvent aux blessés liés aux bombardements, à la guerre, mais il ne faut pas oublier les malades quotidiens, les pathologies chroniques… » L'économie syrienne s'est ralentie d'environ 40 % depuis 2011, « ce qui a donné lieu à la perte des moyens de subsistance pour la majorité des syriens », relate l’organisation sur son site internet.

« Les gens n’ont plus les moyens de se soigner, on est obligé de faire tout gratuitement », ajoute le président de l’UOSSM. Même si les médecins travaillent en partenariat avec Médecins sans frontières, Médecins du Monde, le comité international de la Croix-Rouge et les autres organisations humanitaires sur place, « on a créé l’association pour aller un peu plus loin, avec nos médecins français d’origine syrienne, c’est plus facile », se satisfait le Dr Alissa.

732 professionnels de la santé ont été tués depuis le début de la crise

L’UOSSM distribue des consommables médicaux à plus de 320 hôpitaux, centres de santé et cliniques à travers la Syrie. En 2012, elle a créé 12 centres de soins primaires qui ont réalisé plus de 400 000 consultations, ainsi qu’un programme de vaccination. Selon l’ONU, 600 000 personnes vivent avec des troubles mentaux graves en Syrie. L’organisation a donc développé « un service de santé mentale avec des équipes mobiles pour soutenir notamment les enfants touchés psychologiquement qui vivent dans les camps de réfugiés », rappelle le Dr Ziad Alissa. L’organisation forme également les personnels de santé pour qu’ils sachent faire face aux armes chimiques.

Alors que 732 professionnels de santé ont été tués depuis le début de la crise, l’UOSSM veut sensibiliser la population et le corps médical français. Elle organise en ce sens un dîner gala caritatif aux Salons Vianey à Paris le samedi 25 novembre, avec des médecins humanitaires qui seront de retour d'une mission au Bangladesh où ils seront du 18 au 22 novembre pour apporter secours aux 600 000 femmes, hommes et enfants Rohingyas, réfugiés pour fuir les violences au Myanmar (Birmanie). Encore un nouveau combat médical et humain à mener, et à soutenir.

Pour soutenir les actions de l’UOSSM et participer au dîner orchestré par le chef syrien Mohammad El Khaldy, rendez-vous sur www.gala.uossm.fr. What's up Doc, partenaire de l'évènement, couvrira cette soirée.   

Source: 

Thomas Moysan

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