A l'hôpital de Cherbourg-en-Cotentin, l'innovation attire de nouvelles têtes

Qui a dit que la périphérie ne savait pas innover ? Dans la Manche, plusieurs établissements hospitaliers s'équipent de matériel et de services de pointe. A Cherbourg-en-Cotentin, l'hôpital a inauguré fin 2020 un plateau de coronarographie dernier cri. Les Dr Eric Meimarakis et Lin Schwob ont pu intégrer la nouvelle équipe.

 

La Manche l'attendait depuis des années. En novembre 2020, un centre de coronarographie a ouvert ses portes au cœur du Centre hospitalier public du Cotentin (CHPC), à Cherbourg. « En moins de deux mois, on avait déjà réalisé 250 actes, bien plus que nos objectifs initiaux, se félicite le Dr Lin Schwob, qui a intégré l'équipe constituée autour de cardiologues chevronnés du CHU de Caen, dont le centre dépend. Le nouveau plateau, implanté dans le service de cardiologie, a fait sauter un verrou en permettant désormais au CHPC de pratiquer des angioplasties coronaires notamment. Pour le département, il y avait urgence. Des études ont révélé une surmortalité locale liée à des SCA ou infarctus traités trop tard, faute d'un tel service à proximité. « Quand je vois comment l'activité a pris, cela prouve qu'il y avait une nécessité très forte », confirme Lin Schwob.

 

Un hôpital accueillant, un projet stimulant

Pour ce dernier comme pour son collègue et confrère Eric Meimarakis, tous deux jeunes cardiologues trentenaires formés au CHU de Caen et aujourd'hui assistants spécialistes régionaux (ASR), l'ouverture de ce plateau de « coro » a représenté une motivation en or pour s'installer ici. Ici, tout au nord de cette presqu'île bordée par la Manche, à un peu plus d'une heure de voiture de Caen, mais dans un environnement économique dynamique et entouré d'une côte sauvage unique. « Etudiant, on fait la plupart de son cursus dans un CHU, au contact de ce qui se fait le mieux. On s'habitue à avoir le meilleur sous la main et tout de suite », confie le Dr Meimarakis. Le Cotentin et son hôpital, le jeune cardiologue les a découverts, comme souvent, à l'occasion de ses stages. C'est à cette occasion qu'il apprendra l'ouverture du futur centre de coronarographie, une perspective alléchante.

Même son de cloche du côté de Lin Schwob, qui se rappelle avoir débarqué un beau jour, en Normandie, depuis sa région parisienne, pour réaliser son internat en cardiologie. Il était en quête de nouveaux horizons, moins bétonnés. La sauce a pris. Un stage, un hôpital accueillant, un projet stimulant... Il n'en fallait pas plus pour qu'il ait envie de poser ses valises plus longtemps.

Comme la coronarographie n'était pas encore ouverte à la fin de mon internat, je n'ai pas pris mon poste d'assistant et je suis reparti un an à Paris pour me former à la technique, à l'Institut Mutualiste Montsouris, raconte-t-il.

 

« Le service a pris un coup de jeune ! »

Quand l'excellence et l'innovation technique hospitalière trouvent leur place en périphérie, la force d'attraction agit. La Manche le prouve. La nouvelle équipe du centre de coronarographie cherbourgeois forme un savant équilibre entre seniors et juniors. Du côté des juniors : Eric Meimarakis, Lin Schwob et d'autres jeunes diplômés de Caen, tous ici dans le cadre de leur post-internat. « Le service a pris un coup de jeune avec nous ! », s'amuse le premier. Pour les encadrer, on trouve des cardiologues interventionnels expérimentés du CHU de Caen. La salle est sous la supervision directe du Pr Farzin Beygui. « Des liens très étroits unissent notre service et le CHU, rappelle Eric Meimarakis. La visioconférence est particulièrement développée, ce qui permet de dialoguer en direct avec d'autres spécialités. Avoir une expertise collégiale sur les cas les plus compliqués rassure et tire vers le haut ». Le groupe semble dynamique, il y règne « bonne ambiance » et « confiance ».

Si les deux jeunes cardiologues continuent à se rendre deux jours par semaine au CHU de Caen pour se former, c'est bien dans le nord-Cotentin qu'ils passent le gros de leur temps. Internes, tous deux profitaient déjà de la côte et de la campagne pour pratiquer activités sportives et escapades nature.

Le soir, on sortait beaucoup, confie Eric Meimarakis. Il y a une bonne vie nocturne à Cherbourg et les gens sont agréables. Ce n'est pas pour rien que plusieurs amis médecins s'y sont installés depuis.

Le jeune cardio attend maintenant le retour des beaux jours, histoire de réinvestir son nouveau terrain de jeu et s'initier à la planche à voile.

Ce serait dommage de vivre ici et de ne pas se lancer dans les activités nautiques !

 

Un article inspiré par le grand air de la Manche et son Conseil départemental

Portrait de Thomas Blachère

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