L'exercice en clinique : la culture de l'efficacité au service du patient... et du médecin

Travailler en clinique, c'est s'immerger dans la culture de l'efficacité. Du parcours patient au codage des actes, l'organisation est pensée, réfléchie, optimisée. Cette attention du secteur privé permet aux médecins de se concentrer sur l'essentiel : soigner les patients.

LE « FAST-TRACK » : DE L’AMBULATOIRE POUR DES INTERVENTIONS DE QUALITÉ EN MOINS DE 2 HEURES
Le « fast-track » (circuit court) expliqué par le Dr Alain Benichou, anesthésiste au centre Clinical de Soyaux en Charente (groupe Vedici), cela paraît tout simple : « Le malade entre debout et sort debout en 2 heures, même s’il a eu une anesthésie générale ». Une prouesse réalisée quotidiennement à la clinique où travaille ce praticien : « Nous faisons 18 500 interventions par an, dont 12 500 en ambulatoire », recense-t-il. « Et sur ces 12 500 interventions, plus des deux tiers sont en circuit court ». Pour arriver à un tel résultat, le centre Clinical de Soyaux a revisité ses organisations. « Nous travaillons avec un secrétariat spécifique et du personnel choisi, motivé : c’est un flux tiré, nous avons enlevé tout ce qui était superflu », explique le Dr Benichou.

Pour lui, le plus important est que le patient soit au centre du modèle d’organisation. Techniques d’anesthésie, brancardage, tenue vestimentaire, prise en charge des accompagnants… tout est adapté. Bien sûr, toutes les interventions ne peuvent pas être effectuées en moins de 2 heures, et le Dr Benichou le reconnaît volontiers : « Une vésicule sous cœlioscopie, cela prend plus de 4 heures ».

Mais même pour les interventions les plus lourdes, il est possible de diminuer les temps d’intervention, pour le plus grand bénéfice des patients et des soignants. « Pour une prothèse de genou ou de hanche par exemple, au lieu d’intervenir en 8 jours plus un séjour en SSR, le séjour dure 48 heures, et la rééducation s’effectue en ville », explique le praticien. Une performance rendue possible par la culture de réhabilitation rapide après chirurgie (RRAC), appliquée depuis de nombreuses années au centre Clinical de Soyaux. « Il y a des endroits où l’intervention est faite en ambulatoire, mais l’objectif n’est pas de faire des exploits, il s’agit de prendre en charge au mieux les gens ». Car pour le Dr Benichou, le patient est au cœur des préoccupations : « Quand il est debout, le patient vous regarde dans les yeux. Allongé, il est en situation d’infériorité ».

« MATERNITEAM » : FEMMES ENCEINTES RASSURÉES, MÉDECINS SÉCURISÉS
« Pour les mamans, l’accouchement est souvent la première hospitalisation ». Delphine Maignan connaît bien les inquiétudes des femmes enceintes. Référente Materniteam à la maternité de la clinique du Tertre-Rouge au Mans, elle les accueille, les renseigne, leur présente l’établissement dans lequel elles vont accoucher…

Un accompagnement qui répond aux attentes des futures mamans. Il faut bien le reconnaître : beaucoup de questions non médicales occupent la tête des patientes, au point de parfois perturber les relations avec les praticiens. Le rôle de Delphine Maignan est de désamorcer ces interrogations : « L’échange que j’ai avec les futurs parents est décomplexé, détendu, sans la barrière de la blouse blanche qui fait que les patientes n’osent parfois pas poser des questions », explique-t-elle. Et si les patientes ont tout à gagner de cet échange, c’est aussi le cas des soignants. Les échos que Delphine reçoit de leur part sont très positifs : « Ils savent que la patiente va avoir une information précise, personnalisée et individualisée », détaille-t-elle. « Cela leur permet de se concentrer sur les aspects médicaux ». Bien sûr, Materniteam fait attention à ne pas empiéter sur le rôle d’autres métiers : « Je ne me substitue à aucun professionnel. Je n’interviens pas si les patientes me parlent d’une douleur, par exemple. Je les oriente vers la personne appropriée ». Initié à la maternité de la clinique du Tertre-Rouge, le service est aujourd’hui offert aux futurs parents dans 10 autres établissements du groupe Vedici. Un plus pour les patientes… et pour les médecins.

CODAGE : VOUS NE SEREZ PLUS JAMAIS SEUL
Le codage, personne n’aime ça. Vécue comme une véritable corvée par une grande partie des médecins hospitaliers, cette activité génère souvent un certain désarroi : comment s’y retrouver dans le dédale de la Classification commune des actes médicaux (CCAM) et ses 7 200 items ? Dans le public, le cassetête s’avère d’autant plus difficile que, la plupart du temps, chaque service est responsable de sa cotation d’actes, et y porte plus ou moins d’attention. C’est le principe du codage décentralisé. Mais il en va autrement dans le privé où les établissements se sont très tôt emparés de ce sujet. « Nous fonctionnons à 99 % selon le principe du codage centralisé : ce sont des professionnels du codage qui assurent le codage », explique le Dr Laure Comar, médecin DIM du groupe Vedici. En clair, les praticiens codent leurs propres actes, et la clinique s’occupe du reste. La grande différence bien sûr, c’est que les médecins des cliniques ne sont pas salariés : c’est pour leur propre compte qu’ils facturent leurs actes. Ils n’ont donc à s’occuper que de la partie de la CCAM qui les concerne directement et qu’ils connaissent généralement bien. Résultat : moins de temps perdu en tâches administratives, et l’opportunité de se concentrer davantage sur leur métier. Et en cas de problème, une équipe est de toute façon là pour aider les médecins : « Dans tous les établissements de notre groupe, nous avons des TIM (techniciens de l’information médicale) », assure Laure Comar. « Ils sont en général sous la responsabilité d’un médecin DIM, et quand il n’y en a pas au niveau local, cette mission est assurée au niveau du groupe ». Dans le privé comme dans le public, il y a aujourd’hui en effet toujours quelqu’un vers qui se tourner. Mais si dans le public, le DIM est là pour contrôler le codage fait par les autres, dans le privé au contraire, il est là en amont du codage et l’anticipe en formant et en accompagnant les médecins. Ceux-ci bénéficient alors d’un soutien logistique au moment où ils en ont le plus besoin. Que demander de plus ?

En partenariat avec le groupe VEDICI

Portrait de Adrien Renaud
article du WUD 22

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