Le Ségur veut stimuler les carrières hospitalo-universitaires

C’est l’une des promesses du Ségur : renforcer l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires, alors que la profession accuse une baisse régulière de ses effectifs. Quelles sont les mesures attendues ? Répondent-elles aux attentes de la profession ? On fait le point !

 

Rendre plus attractives les carrières hospitalo-universitaires, c’est une nécessité ! Et c’est aussi l’un des objectifs fixés par le Ségur de la Santé. À l’origine de cette ambition, il y a un constat qui ne date pas d’hier : les carrières hospitalo-universitaires n’ont plus la cote… Depuis 2013, les effectifs ne cessent de fondre : - 7 %, selon le Centre National de Gestion (CNG). Toutes les spécialités sont concernées, mais en particulier l’anesthésie-réanimation. Alors même que le nombre d’étudiants en médecine a doublé depuis 20 ans. Il y a donc urgence à agir.

Les raisons de la perte d’attractivité des carrières hospitalo-universitaires sont multiples et complexes, mais la question de la valorisation du métier est au cœur de ce phénomène. Depuis des années, les HU demandent que leur échelle indiciaire évolue, que leur temps d’enseignement et de recherche soit mieux pris en compte, que leur régime se cale sur celui des hospitaliers… Des vœux qui sont restés lettre morte jusqu’ici. Pourtant, l’enjeu est fort : avec moins d’effectifs, les HU craignent à terme de ne plus pouvoir assumer leur triple mission - soins, enseignement, recherche - ou encore assurer certaines formations. Avec à la clé, une perte de leadership français dans certains domaines de la santé.

 

Revaloriser les salaires

C’est dans ce contexte que le Ségur doit accoucher de propositions visant, justement, à répondre à ces demandes. La première, et l’une des plus attendues, concerne la rémunération. Les grilles des émoluments hospitaliers n’ont pas évolué depuis des années, et l’attente de la profession est très forte - d’autant plus que le Ségur a revu à la hausse les grilles des praticiens hospitaliers en début et en fin de carrière.

Les négociations sont en cours entre le gouvernement et les syndicats de praticiens hospitalo-universitaires. Plusieurs pistes sont à l’étude : la suppression d’un ou plusieurs échelons en début de carrière, la création d’échelons en fin de carrière, ou encore une augmentation du dernier échelon… Les syndicats, eux, réclament une refonte complète de la grille des HU, avec une grille unique hospitalière pour les MCU-PH et les PU-PH, qui permettrait de valoriser les jeunes notamment.

 

Une prime de recherche et d’enseignement

Le Ségur prévoit par ailleurs une prime de recherche et d’enseignement à destination des hospitalo-universitaires. Il s’agit là de répondre à une inégalité soulignée par les HU. En effet, les universitaires non HU perçoivent la PRES (prime de recherche et d'enseignement supérieur), qui peut monter jusqu’à 8 200 € par an, mais les hospitalo-universitaires, eux, ne la touchent pas. Jusqu’ici en tout cas.

Le montant de la prime qui leur sera attribuée sont en cours de discussion. Les sommes évoquées sont de l’ordre de 700 euros par an en 2022, avec une montée progressive allant jusqu’à 2 400 € en 2027.

 

Créer des postes

La baisse d’effectifs menace la profession. Pour la juguler, le Ségur prévoit la création de 250 postes d’enseignants universitaires associés et titulaires sur 5 ans.

La stratégie du gouvernement consiste également à intégrer davantage les professions paramédicales dans le champ de l’enseignement, via des recrutements d’enseignants-universitaires. Dans cette même optique, le gouvernement s’est engagé en faveur de l’augmentation des effectifs paramédicaux. Il a ainsi annoncé la création de 2000 places supplémentaires en Instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) dès septembre 2020. Les entrées en formation d'aides-soignants seront doublées d'ici 2025.

 

Un régime de retraite plus juste

Un point important, au cœur des discussions du Ségur, a trait aux retraites perçues par les hospitalo-universitaires (consulter l'article dédié aux retraites des HU dans notre Guide !). En effet, il existe une certaine anomalie dans le calcul de leur retraite. L’assiette de cotisations sociales ne comprend pas la partie hospitalière. En fait les HU, ne cotisent que sur la partie universitaire de leur rémunération. Aucune cotisation retraite n’est prévue sur leurs émoluments hospitaliers.

 

Là aussi, les discussions battent leur plein. À suivre !

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