Homéopathie : Calmez-vous les enfants !

Papa et maman interviennent

Pour apaiser les passes d’armes entre médecins pro- et anti-homéopathie, le Cnom et l’administration s’en mêlent. Le premier fait de la discipline, et la seconde explique.

Comme prévu, le #FakeMed n’a pas manqué de susciter des débats, parfois virulents, sur l’homéopathie et les médecines alternatives. Sur Twitter, les médecins s’écharpent, et par communiqué, le Syndicat des Médecins Libéraux (SML) est intervenu pour défendre ses praticiens adeptes de l’homéopathie, de l’acupuncture, de la mésothérapie et de l’ostéopathie, soulignant qu’elles « n’ont rien de fantaisistes et nécessitent des formations complémentaires ». Bref, il a suffi de la pétition des 124 médecins pour lever un tabou dans la profession, et semer un peu le dawa.

Suffisamment pour que la direction de l’information légale et administrative, dépendant du cabinet du Premier ministre, et le Conseil national de l’Ordre des médecins interviennent pour séparer les enfants agités.

Une histoire de diplôme… national

Sur le site service-public.fr, un petit article a été publié, expliquant les « différences entre la médecine conventionnelle et les pratiques de soins non conventionnelles ». Il précise que la médecine pure est dure est « enseignée dans les facultés de médecine pour obtenir le diplôme et le titre de médecin, les études de médecine conduisant à l'obtention de diplômes de niveau national », et rappelle qu’elle s’appuie sur « des traitements ayant obtenu une validation scientifique soit par des essais cliniques, soit parce que ces traitements bénéficient d'un consensus professionnel fort obtenu après plusieurs années avec l'accord et l'expérience de la majorité des professionnels de la discipline concernée ».

Dans un second paragraphe, le service public nous explique que certaines pratiques alternatives ont montré une efficacité sur des symptômes, mais de manière insuffisante pour être scientifiquement démontrée. Et, même si des diplômes universitaires (DIU ou DU) peuvent valider des formations en pratiques alternatives, ceux-ci relèvent de la responsabilité des facultés et ne sont pas nationaux.  

Enfin, l’article conclut en rappelant que « lorsqu'elles sont utilisées pour traiter des maladies graves (cancers par exemple) ou en urgence à la place des traitements conventionnels reconnus, elles peuvent annihiler les chances d'amélioration ou de guérison des personnes malades ». On explique, on est clair, mais on ne se mouille pas trop du côté de maman.

Le Cnom n’aime pas le désordre

Du côté de papa, le Cnom reste pédagogue mais se montre un peu plus autoritaire. « Le Conseil national de l’Ordre des médecins regrette que la forme véhémente de l’interpellation publique, dans laquelle l’Ordre est impliqué, ait davantage alimenté le buzz médiatique d’un moment qu’une réflexion sereine et argumentée sur le sujet », explique-t-il dans un communiqué.

Réunion de famille, taisez-vous et écoutez.

Le Cnom ne semble pas apprécier que certaines « voix critiques […] s’expriment sous pseudonyme ». Elle n’aime pas non plus le mélange entre les sorties sur le manque de preuves scientifiques de l’homéopathie, sur son remboursement et sur le fait que les homéopathes devraient être poursuivis pas l’Ordre pour charlatanisme. Ça la fout mal devant le grand public.

Je vais vous couper l’Internet !

Papa signale ensuite qu’il a demandé à l’Académie nationale de médecine, au ministère de la Santé, à la HAS et à l’ANSM de s’en mêler et de se positionner sur l'homéopathie. Il rappelle aussi les conditions dans lesquelles les médecins peuvent être appelés à répondre de leur pratique face aux chambres disciplinaires, c’est-à-dire « lorsque le patient n’a pas été pris en charge comme il aurait dû l’être en conformité avec les données acquises de la science, quelle que soit la méthode ou les procédés thérapeutique employés ». Un peu flou, mais on comprend que les homéopathes consciencieux ne font pas de mal, tant qu'il ne font pas de mal.

Enfin, il rappelle la marmaille à l’ordre sur leur utilisation des réseaux sociaux. « L’Ordre appelle tous les médecins, lorsqu’ils s’expriment dans l’espace public dont les réseaux sociaux font partie, à tenir compte des conséquences que leurs propos peuvent avoir sur le public en général et le trouble que cela peut créer chez les malades ». En plus ça n'est pas la première fois qu'il le dit ! Il avait même publié en 2011 un livre blanc régulant l'utilisation des Internets, invitant ses inscrits « à se montrer vigilants sur l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes et de la profession ». Alors maintenant ça suffit ! Fin de la réunion, et montez tous dans vos chambres !

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

 

Vous aimerez aussi

Une solution au problème de la rémunération des professionnels de santé ?

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.