Formation médicale continue

Entre peine-à-jouir de/du service et autres Henri/Marie-couche-toi-là de la promo, notre formation médicale a parfois du mal à satisfaire tout le monde. De P1 à PACES, du préhistorique concours de l’internat Nord/Sud (tribute to les lecteurs nés avant les 80’s !) à l’ECNi sur tablette (RIP l’édition 2017), autant d’occasions de frustrations, de migraines, mais aussi de jouissances (Ah ! Le premier QCM de bioch’ réussi), voire gros coup de love (Ah ! La première garde avec un/e chef/fe sexy).

Alors, la recette pour vous faire grimper aux rideaux dans cette VLTR (Very Long Term Relashionship) qu’est cette décennie d’esclavage consenti ? À vos crédits DPC (Développement Plan Cul), voici la crème de la littérature de pédagogie médicale portée sur la chose.

 

PRÉLIMINAIRES

 

À l’heure où lancer sa start-up de jus sans gluten est devenu socialement plus valorisé que faire de la finance dans une tour de la Défense, le médecin conserve (malgré tout) son aura (sexuelle ?).

 

Il est carrément devenu LA véritable valeur-refuge des choix post-bac, promesse de lendemains qui chantent et de compte en banque luxuriant. Au point d’idéaliser le chemin de croix incontournable avant d’atteindre le 7e ciel ? Il semble que les aspirants ayant choisi médecine pour des motifs familiaux (coucou les fils/filles de…), pécuniaires (salut les ophtalmos) ou de prestige social (hello les PUPH) ont plus de risques de finir insatisfaits de leur profession que ceux citant comme primum movens l’intérêt personnel et l’envie d’aider son prochain (merci les « Mère Teresa » et le peu de lecteurs qui ont poursuivi)[1]. Chez ceux ayant fait un choix « éclairé » (i.e. savoir qu’on a moins de chances de gagner le Million avec la PACES qu’à la Roue de la Fortune), il existe moins de remords quant à leur situation, notamment pendant l’internat selon les collègues iraniens.

 

LE GRAND FRISSON

 

D’autres chercheurs se sont penchés sur LE climax des études médicales. Non, pas le WEI et ses anecdotes tordantes (« Kiwi a fait pipi dans la barrique de punch »), mais ce sur quoi tout le monde se/vous questionne quand vous dites être étudiant en médecine : « Et alors, c’est comment de découper des morts ? ». Le temps où la dissection se fera uniquement en simulation n’est pas encore arrivé ! Le déniaisement à l’autopsie reste un véritable rite de passage de par le globe depuis Jordanie en Hongrie en passant par la Tanzanie[2]. 

 

Partout, la littérature décrit des symptômes peu ou prou similaires : perte d’appétit (ha, cette odeur inoubliable), céphalées, anxiété. Certains auteurs considèrent la violence de l’exposition à la mort et, face à elle, le manque de soutien (aucune réaction émotionnelle ne doit transparaître, juste un intérêt scientifique…). Un véritable dépucelage avant les mille petits supplices chinois infligés ensuite aux futurs médecins. Restent alors les mécanismes d’adaptation les plus présents : la rationalisation et l’intellectualisation (« Finalement, la garde du 25 décembre, c’est une belle opportunité d’en apprendre plus sur les plaies par couteaux à huîtres »).

 

LE NIRVANA MÉDICAL

 

Insatisfactions, intériorisation des émotions négatives et longues heures passées à la BU ou en pyjama cracra chez soi… Le cocktail parfait pour de longues années de célibat endurci (et d’abstinence non moins rigide ?). Alors quid de l’influence de leurs années d’études sur les performances siglées « carré rose » des confrères ?

 

Une étude polonaise montre que la majorité des étudiants interrogés se déclarent en relation suivie et insatisfaits de leur vie sexuelle, alors qu’un tiers des répondants (de 23 ans), n’ont jamais eu de rapports[3]. Amis des chiffres, sachez que la félicité sexuelle des carabins n’est associée ni au nombre de partenaires ni à l’âge de la toute première fois.

 

Et pour être un bon coup médical, faut-il donc connaître son Kama Sutra sur le bout des doigts ? Oui mon capitaine ! Il a été montré que les médecins peu à l’aise avec la gaudriole ont également plus de mal à évoquer le sujet avec leurs patients et, in fine, sont moins doués pour aborder la santé sexuelle[4].

 

ALORS À VOUS DE PASSER AUX TRAVAUX PRATIQUES !

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Sources :

[1] Farrokhi-Khajeh-Pasha Y. Informed choice of entering medical school and academic success in Iranian medical students. Med Teach. 2014.

[2] Sándor I. The effects of dissection-room experiences and related coping strategies among Hungarian medical students. BMC Med Educ. 2015.

[3] Müldner-Nieckowski L. Medical students' sexuality--development and fulfilment of sexual needs. Psychiatr Pol. 2012

[4] Müldner-Nieckowski L, Medical students' sexuality--beliefs and attitudes. Psychiatr Pol. 2012.

Portrait de Jean-Victor Blanc
article du WUD 34

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