Et si le nouveau Spielberg était un jeune psychiatre ?

La schizophrénie, ce n’est pas du cinéma !

Le Dr Fabrice Rivollier, psychiatre à Sainte-Anne (Paris), a participé à la conception du spot de la campagne de sensibilisation sur la schizophrénie «  Une autre réalité », de la Fondation Pierre Deniker diffusé depuis mercredi sur les chaînes de télévision françaises. Mais comment passe-t-on de la blouse blanche au fauteuil de consultant télévisuel ?


What’s up Doc : Comment est né ce projet de campagne de sensibilisation ?

Fabrice Rivollier : Je suis impliqué au sein de la fondation Pierre Deniker (dont on avait déjà parlé ici) en tant que consultant scientifique. Lorsque le président, Raphaël Gaillard, m’a proposé de travailler sur ce spot, j’ai dit "Oui" sans hésiter. L’idée est née d’une volonté de l’agence de communication Publicis, via sa filiale Marcel, de faire une campagne innovante pour la Fondation.

WUD: Quel a été votre rôle ?

FR : Ce qui était super, c’est qu’on a été intégré à toutes les étapes : bien sûr, donner des informations médicales sur la schizophrénie et ses symptômes, mais aussi un avis créatif, jusqu’au casting et décors ! Et ensuite participer à la diffusion de la campagne avec les pôles médias, relations publiques… C’était très vaste, et ça continue (en plus de WUD, le Dr Rivollier est passé sur plusieurs grands médias depuis le lancement de la campagne, ndlr) !

WUD: Et justement, entre les « créatifs » d’une agence de com branchée et un psy hospitalier, ce n’était pas la rencontre du 3e type ?

FR : Non, cela s’est très bien passé, car ils étaient très intéressés par le sujet, et à notre écoute. Et vice-versa, ils étaient ravis de travailler avec nous, car ils ont eu plus de place pour donner libre cours à leur imagination qu’avec des grandes entreprises au cahier des charges bien rempli ! Il a fallu malgré tout faire des concessions, par exemple sur l’utilisation intensive des hallucinations visuelles, qui sont en réalité rares dans le trouble schizophrénique, mais tellement cinématographique !

WUD: Êtes-vous satisfait du résultat ?

FR : Oui, on avait décidé avec les associations de faire un spot provoquant une réaction émotionnelle, d’où le côté un peu anxiogène et volontairement un peu « dark » de la vidéo… Et au vu des réactions, je pense qu’on a rempli l’objectif !  Et encore, on a retouché la fin pour avoir un « happy ending » !

WUD: Et après, aura-t-on le droit à une suite ?

FR : Oui ! Le volet 2 de la campagne sera plus axé sur une communication digitale et virale… Affaire à suivre !

En attendant de retrouver Fabrice Rivollier primé à Cannes, découvrez le spot ici.

 

Source: 

Jean-Victor Blanc

Portrait de La rédaction

 

Vous aimerez aussi

Enquête sur le sommeil des soignants
Ce MG raccrocha la blouse à 93 ans

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.