Dr Antoine Bailly : interne dans la Manche, « l'impression d'arriver dans une famille »

Comme une histoire d'amour, le jeune médecin généraliste est tombé sous le charme de la Manche, qu'il ne connaissait pas. Tout est parti d'un stage réussi. Désormais, il est remplaçant dans une commune en bord de mer et envisage de faire sa vie ici. Portrait.
 

Un an après avoir terminé son internat, le Dr Antoine Bailly court d'une extrémité de la Normandie à l'autre pour assurer des remplacements : l'un dans l'Eure, son département d'origine, et l'autre dans la Manche. Mais son cœur semble avoir cessé de balancer. Il penche carrément à l'ouest. « Ce sera sûrement dans la Manche que je m'installerai », lâche celui qui, depuis toujours ou presque, revendique l'ambition de devenir « médecin de campagne ». Tout jeune, c'est au contact d'une amie de la famille, cette même doc de l'Eure qu'il remplace aujourd'hui parfois, que l'envie l'a mordu. « Cela m'a tout de suite attiré. Travailler dans un hôpital, ne jamais mettre le nez dehors, non merci. J'ai besoin du grand air ! ».
 
Le grand air, il l'a trouvé dans la Manche, chargé de sel marin et de grands horizons. C'est à Bréhal, sur la côte ouest du département, qu'il le hume désormais lors des remplacements chez un médecin généraliste. Et pas n'importe qui : son futur beau-père. Quand ce dernier partira à la retraite, il espère prendre sa place. Avec une « fiancée » passionnée d'équitation, tout semble le destiner à s'enraciner un jour ou l'autre sur cette terre de cheval encerclée par la mer.
 
Pas un ni deux, mais TOUS ses stages dans la Manche
 
Rien n'aurait été possible sans sa toute première rencontre avec la Manche. Antoine Bailly est étudiant en 5e année de médecine, à Caen, quand l'un de ses amis le tanne pour qu'ils réalisent ensemble un stage hospitalier à Avranches. « On avait réussi à trouver un logement chez l'habitant, sous des combles », se souvient-il. « J'en garde un excellent souvenir. Surtout que la maternité de l'hôpital d'Avranches où on a fait ce stage s'est révélée être un très bon service ».
 
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Au concours de l'internat, il obtiendra ce qu'il voulait : médecine générale. Et voilà que la Manche revient au galop. « Comme j'avais aimé mon stage d'externat, je suis revenu faire tous mes stages hospitaliers au CH d'Avranches-Granville », raconte-t-il. Sur place, il bénéficie « d'un logement d'interne très correct, de bonnes conditions de stage, de médecins accueillants et investis pour l'accueil des internes, beaucoup de respect... Tout cela me donnait l'impression d'arriver dans une famille », confie-t-il. « Donc j'ai eu envie de revenir chaque année ». Neurologie-rhumatologie, urgences, pédiatrie, cardiologie... Le grand chelem ou presque.
 
Des indemnités de déplacement comme une bouffée d'oxygène
 
Lui qui ne se voit pas autrement que médecin libéral au grand air, va, sans surprise, effectuer ses stages chez des praticiens de la Manche. Il réalise son « stage prat » dans un petit cabinet de La Haye-Pesnel, petite commune dans les terres, entre Granville et Avranches. « Ça m'a complètement confirmé dans mon choix, dit-il. Deux praticiens à l'écoute et pédagogues : ils faisaient honneur à la profession en contribuant à attirer des jeunes internes et à les former ». Il fera son stage de niveau 2 à Granville, à deux pas du port.
 
A cette période, il découvre aussi les dispositifs d'aide aux internes stagiaires, en particulier les indemnités de déplacement proposées par le département de la Manche. Avec des aller-retours quotidiens depuis Caen, l'aide est une bouffée d'oxygène. « La mesure est intelligente pour convaincre des étudiants hésitants pour des raisons financières, juge Antoine Bailly. Interne, on touche à peine le SMIC horaire. Sur un mois, le budget voiture pèse très lourd ». Désormais remplaçant, il bénéficie d’indemnités de déplacement construites selon le même principe. Tout est fait ici pour faciliter la vie des jeunes médecins.
 
Reçu avec le champagne par Monsieur le Maire
 
L'accueil manchois, le Dr Bailly le connaît bien. Des anecdotes, il en a plein. Avec les autres internes, il s'est retrouvé un jour en mairie d'Avranches, reçu par le maire en personne, coupe de champagne à la main. Une autre fois, il a eu le droit à une visite privative du Mont Saint-Michel, avec l'un des meilleurs guides de la Merveille. Juste parce qu'il était interne et qu'il avait choisi la Manche, raconte-t-il, toujours un peu incrédule.
 
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Dans le sud du département, lui qui a été sauveteur en mer pendant ses études, a découvert une autre richesse à laquelle il ne s'attendait pas : la beauté de la côte, « bien plus jolie et plus sauvage, et avec des eaux beaucoup plus claires que celles que j'avais l'habitude de voir dans le Calvados ». Dans la Hague, tout au nord, il a pu s'initier au surf. « La mer compte énormément pour moi », confie-t-il. Il ne pouvait pas rêver meilleure terre d'adoption.
 

Un article inspiré par le grand air de la Manche et son Conseil départemental

Médecins, dentistes et étudiants : installez-vous dans la Manche !

Portrait de Thomas Blachère

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