Direction clinique privée ! Dr Romain Belmonte : « La garantie d'un revenu fixe rassure quand on se lance »

Il pensait d'abord faire sa carrière à l'hôpital, mais c'est en libéral dans une clinique privée qu'il s'épanouit. Romain Belmonte, 35 ans, est chirurgien vasculaire à Agen. Il raconte son virage et délivre quelques conseils avisés à celles et ceux qui aimeraient franchir le pas...

« J'ai cru qu'on ne faisait de la chirurgie vasculaire que dans les grandes villes », se souvient encore, amusé, Romain Belmonte, quand il raconte ce qui l'a poussé à s'installer en libéral dans une clinique privée d'Agen. Lui qui rêvait de revenir vivre et bosser à Bordeaux, sa ville, a finalement choisi le Lot-et-Garonne. C'était en 2018. Le chirurgien vasculaire trentenaire n'a pas eu à regretter son choix une seule seconde. L'activité est florissante et les perspectives radieuses. « Je suis hyper heureux », lâche-t-il.

 

Agen, le libéral, la clinique privée... Rien de tout cela n'était une évidence pour lui. Longtemps, Romain Belmonte a pensé que sa place était à l'hôpital. Après son internat et son clinicat à Poitiers, il n'imaginait pas quitter le CHU. « J'imaginais rester à l'hosto, oui... jusqu'à ce que je me rende compte que ce ne serait pas possible », confie-t-il. En cause, selon lui, un univers « bien trop lent » et une carrière universitaire bouchée dans son créneau. « Le but de la vie, c'est quand même de s'épanouir ! J'ai préféré renoncer ».

 

Direction le libéral, donc. Succombant à l'appel des racines, le trentenaire envisage un premier temps de s'installer à Bordeaux. Mais ça coince : il découvre du côté de la Gironde une trop forte concurrence dans sa spécialité. « J'ai voulu privilégier la qualité de travail professionnel, un environnement sain et une zone moins saturée », raconte-t-il. Une opportunité se présente à Agen, au sein de la clinique Esquirol Saint-Hilaire et Calabret, du groupe Elsan : il la saisit. « J'ai vu qu'on y traitait aussi bien les anévrismes que dans les centres ou les cliniques de pointe des grandes villes ». Il entrevoit également le fort potentiel de développement. « Je savais que j'arrivais dans une association bien organisée, avec un renouvellement des chirurgiens prévu dans les années à venir », explique-t-il. Il sait qu'il deviendra de fait le moteur du groupe dans les années à venir. Début 2021, il a ainsi pu remplacer un associé parti à la retraite par une jeune consœur connue à Poitiers. Sa dynamique est en marche. Le challenge est excitant.

 

Le choix de société libérale, essentiel avant de s'associer

Si le Dr Belmonte a franchi le pas, c'est aussi grâce à la solidité de la société rejointe et la nature d'association choisie par ses associés. Pour des jeunes médecins tentés par le libéral en clinique privée, c'est souvent clé. Ici, les quatre chirurgiens vasculaires ont opté pour le partage d'honoraires via une SEL (société d'exercice libérale), une solution assez courante dans l'exercice collectif libéral. « Je voulais ce genre de filet de sécurité. La garantie d'un revenu fixe rassure quand on se lance », reconnaît le jeune doc. « En plus, le partage d'honoraires impose l'esprit collectif, la discussion, l'entente... On se réunit, on décide ensemble. Seuls les egos mal placés plombent les sociétés. Une mauvaise entente entre praticiens peut tout pourrir, il faut être vigilant avant de s'engager ».

Romain Belmonte n'est pas une tête brûlée. Avant de se lancer, il s'est justement entouré d'un avocat, histoire de bien comprendre ce que ses trois associés lui proposaient. Ce n'est pas une obligation, loin s'en faut, mais lui a préféré jouer la sécurité. Son avocat spécialisé dans les installations libérales a donc étudié le contrat en profondeur et négocié pour lui. Le chirurgien vasculaire est lucide : « Quand on sort de l'hôpital, on est peut-être de bons techniciens, de bons médecins, mais, face à un contrat, on ne sait plus rien. Il faut une prévoyance, il faut se couvrir et vous n'avez pas le choix : vous devez vous plonger dans ces aspects parfois complexes et vous y intéresser. Toutefois, quand une association est bien réglée, c'est assez facile : vous y rentrez comme dans de petits chaussons ! » Le groupe Elsan, propriétaire de la clinique, lui a également proposé un accompagnement, mais le jeune chirurgien a souhaité rester indépendant de bout en bout. Être bien conseillé, c'est tout ce qui compte.

 

 

 

 

« J'ai trois après-midi de libre par semaine »

Après deux ans d'activité, Romain Belmonte est sur un nuage. De l'hôpital public, il ne regrette rien. « Ici le temps est compté, mais il est valorisé. J'ai trois après-midi de libre par semaine et jusqu'à dix semaines de congés par an, le tout avec un revenu excellent », énumère-t-il. Il regrettait le « présentéisme » ambiant à l'hôpital, il a trouvé ici tout l'inverse.

Petit à petit, le trentenaire a également pu imposer ses idées, impulser des changements et préparer l'avenir, lui qui se retrouvera dans quelques années à la place du sénior, du leader. « Nous avons réussi à obtenir auprès du groupe Elsan une nouvelle salle et du matériel de pointe pour nos actes endoscopiques », raconte le chirurgien vasculaire. « Cela a permis d'améliorer assez vite la prise en charge des patients ». Dans cette salle flambant neuf, on trouve désormais un robot chirurgical encore un écran 4K UHD, une première dans toute la région. Grâce au dialogue avec ses associés et la direction de l'établissement, qui assume les investissements chirurgicaux, « j'ai pu développer jusqu'à présent tout ce que j'avais envie de développer ! »

 

Un autre regard sur l’exercice libéral, en collaboration avec le groupe Elsan

Portrait de Thomas Blachère

Vous aimerez aussi

Sept ans. C’est en moyenne le retard qu’accuse le diagnostic de l’endométriose. Pour faire face à ce problème de santé publique, les professionnels...

Depuis le 8 mai dernier, plus besoin de se rendre chez le doc’ avant de commencer une activité sportive pour les enfants. Pensée notamment pour...

Séances de rattrapage, nouveaux protocoles... Le calendrier vaccinal 2021 est sorti. Quoi de neuf sous le soleil ?

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.