Aide à la décision clinique : ces outils numériques très pratiques

Les outils d’aide à la décision clinique facilitent la pratique des médecins, qui les utilisent dans de nombreuses situations du quotidien. Témoignages.

 

Explorer un symptôme, confirmer un diagnostic, identifier les examens complémentaires, se renseigner sur un traitement… Dans la pratique médicale quotidienne, les outils d’aide à la décision clinique visent à répondre à de nombreux questionnements et besoins d’informations.

 

Les systèmes d’aide à la décision médicale (SADM) sont des applications informatiques dont le but est de fournir aux cliniciens en temps et lieux utiles les informations décrivant la situation clinique d’un patient ainsi que les connaissances appropriées à cette situation, correctement filtrées et présentées afin d’améliorer la qualité des soins et la santé des patients , 

explique la HAS dans un rapport dédié à ces outils qui ont vu le jour dans les années 1990 aux Etats-Unis. 

 

Une réponse en 30 secondes chrono

De fait, ces solutions ont vocation à être utilisées sur le terrain, à s’insérer dans la pratique des médecins au jour le jour, pour leur faire gagner du temps. A ce titre, elles se doivent d’être particulièrement efficaces, simples d’usage, intuitives. « Notre objectif, c’est de fournir une réponse immédiate à une question hyper pragmatique. Le médecin doit avoir accès à l’information recherchée en moins d’une minute, en pleine consultation, d’un coup d’œil sur son smartphone », explique le Dr Laurence Josselin, interniste à l'Hôpital Saint-Antoine à Paris, et co-directrice scientifique de la plateforme ClinicalKey Now.

 

Cette plateforme, créée par Elsevier, propose en effet des synthèses cliniques et des arbres décisionnels adaptés à une utilisation quotidienne. Ces fiches synthétiques reprennent les bonnes pratiques mises à jour, pour toutes les spécialités et à chaque étape de la prise en charge : symptômes, diagnostic, examens complémentaires, traitement, suivi.

Elles évitent des recherches sur Internet très chronophages, des longues séries de clics… Par exemple, l’autre jour, j’ai voulu connaître les facteurs de gravité de la pneumopathie qui imposent une hospitalisation. J’ai eu ma réponse en 30 secondes.

 

Cas rares ou symptômes peu spécifiques

Ces outils sont particulièrement utiles face à une pathologie peu fréquente, sur laquelle les connaissances du médecin datent un peu (typiquement, des cas étudiés en fac de médecine mais peu rencontrés en pratique). Ou encore, face à des symptômes peu spécifiques.

 

Par exemple, j’ai eu un cas d’hypersudation généralisée. C’est plutôt connu mais pas très fréquent. En un clin d’œil, l’algorithme m’a donné toutes les explorations à faire, tous les examens cliniques à réaliser. Ça permet de ne rater aucune étiologie, de ne pas passer à côté de quelque chose,

raconte le Dr Julie Cosserat, interniste à l’Institut mutualiste Montsouris et également co-directrice scientifique de ClinicalKey Now.

 

Autre utilité très pratique de ces solutions : se mettre à la page.

La masse d’informations médicales augmente tous les jours, les recommandations sont sans cesse réactualisées… On ne peut jamais être vraiment à jour ! C’est particulièrement vrai pour les antibiothérapies : les reco changent tout le temps. Avec cet outil, on a les info de dernière date », ajoute Laurence Josselin.

Un avis appuyé par sa consœur, Julie Cosserat.

C’est très pratique pour les plans de traitement. Pour l’infection pulmonaire, par exemple, j’ai voulu vérifier l’ensemble des thérapies - antibio, bronchodilatateurs, anti-inflammatoires… Il suffit de cliquer sur la bulle et elles apparaissent. On a souhaité que la partie « thérapie » des fiches soient bien détaillées, avec les posologies, les effets secondaires…

Les fiches synthétiques et les arbres décisionnels renvoient par ailleurs à la base Thériaque et aux traités de l’EMC : cet usage, adapté à un temps plus long de lecture, permet au médecin d’approfondir ses connaissances. 

C’est pour dans le métro ! Quand on ne joue pas à Candy Crush… , sourit  le Dr Josselin. 

 

Aide à l’orientation

Les outils d’aide à la décision clinique sont aussi précieux quand il s’agit de réorienter.

Le larmoiement de l’adulte, par exemple. He bien, avant d’adresser le patient à un ophtalmo, on peut déjà commencer à dépatouiller la situation ,

explique Laurence Josselin.

Parfois, il y a des arbres décisionnels qui concernent des prises en charges plus spécialisées. Quand le généraliste réoriente, ça lui permet de comprendre le raisonnement du spécialiste, vers quoi il va mener son patient, quel est son plan », ajoute Julie Cosserat, qui conclut : Ces solutions ne se substituent pas au savoir des médecins. Le savoir est là, mais parfois un peu loin… Nos souvenirs ont besoin d’être réorganisés. C’est ce que fait cet outil : il précise et hiérarchise l’information. 

 

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Portrait de Marion Guerin

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