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Tribunes > Ah bon t'es sûr ?
L’homéopathe est un médecin comme les autres
Ah bon, t'es sûr ?
What's up doc | numéro 40 | octobre 2018 | Adrien Renaud | Tribunes
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Tempête dans un verre d’eau pour les uns, véritable révolution pour les autres, le phénomène #Fakemed qui agite actuellement le monde médical aura eu au moins un effet concret : braquer les projecteurs sur les homéopathes. Et pourtant, après des mois de polémique, la question reste entière : qui sont ces médecins dont on parle tant ?
« Le profil des médecins homéopathes est grosso modo le même que celui des médecins généralistes dans leur ensemble. » C’est du moins ce qu’estime le Dr Charles Bentz, président du Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF). Voilà des propos en apparence inoffensifs, surtout en comparaison des piques que s’échangent partisans et adversaires de l’homéopathie depuis que 124 médecins ont publié le 19 mars dernier dans Le Figaro la désormais célèbre tribune demandant son déremboursement.

Et pourtant, il y a dans cette affirmation matière à discussions sans fin. Charles Bentz est d’ailleurs le premier à reconnaître que l’apparente similitude entre la population des homéopathes et celle des autres médecins n'empêche pas quelques divergences. « Il est vrai que la tranche d’âge des 50-65 ans est probablement surreprésentée chez les homéopathes », concède-t-il. Autre différence : le secteur 2 est d’après lui très majoritaire en homéopathie. « C’est une pratique très chronophage, ce qui rend l’exercice en secteur 1 difficile », justifie l’homéopathe.

Des médecins âgés et méridionaux

Au-delà des affirmations de Charles Bentz, comment caractériser la population des médecins homéopathes ? Question difficile, car le terme même d’homéopathe peut recouvrir des réalités très différentes. D’après le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), au 1er janvier 2018, 2 973 des 87 801 généralistes en activité régulière avaient déclaré une orientation particulière en homéopathie, soit une proportion de 3 %.

Mais, avertit le Cnom, ce chiffre est probablement sous-estimé : tous ceux qui ont une qualification en homéopathie ne la déclarent pas, et il n’est d’ailleurs même pas nécessaire d’avoir une qualification pour prescrire des granules. On peut tout de même faire des constats intéressants en étudiant par tranche d’âge des médecins ayant déclaré une orientation en homéopathie. En effet, comme le pressent Charles Bentz, les disciples de Samuel Hahnemann semblent plus âgés que la moyenne de leurs confrères : 59 ans, contre 51 ans pour l’ensemble des médecins en activité régulière. Conséquence ou cause de cette différence d’âge, les retraités actifs composent une grande partie du corps des homéopathes : ils en représentent 17 % du total, contre 8 % pour l’ensemble des médecins.

Leur répartition géographique est également intéressante : seuls 2 des 14 départements où la part des homéopathes dans le total des médecins généralistes est supérieure à 5 % sont situés dans la moitié Nord de la France.

Noms d’oiseaux

Mais la démographie et la géographie ne sauraient résumer à elles seules la querelle qui oppose actuellement les homéopathes aux signataires de la tribune du Figaro. C’est d’ailleurs probablement ce qui explique pourquoi les noms d’oiseaux fusent tant entre les deux camps. « Je pense que cette tribune a été signée par des jeunes médecins qui sortent de la fac bardés de certitudes, pensant détenir la vérité absolue », attaque Charles Bentz. « Or quand on a un peu de recul, on sait que beaucoup de certitudes acquises à la fac sont aujourd’hui considérées comme des erreurs. »

Bien sûr, les 124 s’inscrivent en faux contre cette manière de voir. Pour le Dr Jérémy Descoux, jeune cardiologue signataire de la tribune qui co-anime par ailleurs la chaîne YouTube d’histoire médicale Asclépios, beaucoup d’homéopathes s’inscrivent dans le cadre d’une médecine « paternaliste et un peu à l’ancienne où un bon médecin, c’est un médecin qui prescrit ». Distribuer des granules serait donc pour eux un moyen d’éviter de laisser le patient repartir sans ordonnance. « Ce que nous voulons, au contraire, c’est avancer vers plus de pédagogie, plus de responsabilisation du patient, avec des prescriptions moins nombreuses et plus raisonnées », énumère-t-il. En plus d’opposer deux générations, la polémique semble donc bien opposer deux visions de la médecine, voire deux visions du monde. Et il va devenir difficile de ne pas choisir son camp.

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Homéopathes de tous pays, unissez-vous !

L’homéopathie est-elle une exception française ? Réponse avec le Dr Hélène Renoux, généraliste (Hauts-de-Seine) et présidente du Comité européen d’homéopathie.


What’s up Doc. On dit souvent que l'homéopathie est plus développée en France qu'ailleurs. Est-ce le cas ?

Hélène Renoux. L'homéopathie est bien représentée sur tout le continent européen, qui compte environ 45 000 médecins ayant une qualification additionnelle en homéopathie. Pour des raisons historiques, la France et l'Allemagne sont les leaders. Ce sont d’ailleurs principalement les pharmacopées française et allemande qui font autorité pour les médicaments homéopathiques, la pharmacopée européenne se mettant progressivement en place.

WUD. Quels sont les autres pays où cette pratique est particulièrement développée ?

HR. On peut citer la Suisse, l'Autriche ou encore l'Italie. Mais le Comité européen d'homéopathie a des associations membres dans tous les pays d'Europe sauf ceux où cet exercice n'est pas ouvert aux médecins (principalement les pays scandinaves).

WUD. Entre le Royaume-Uni où le NHS ne finance plus l'homéopathie et la France où elle semble sur la sellette, les vents paraissent contraires pour vous à l’international. Tendance lourde ou phénomène transitoire ?

HR. Tout au long de son histoire, l’homéopathie a connu de tels soubresauts et y a survécu sans cesser de progresser dans l’approfondissement de sa doctrine et dans la richesse des médicaments utilisés. L'an passé, une norme européenne fixant les critères de qualité de nos pratiques et enseignements a été adoptée pour faciliter notre reconnaissance et notre intégration dans le système de santé européen.
What's up doc | numéro 40 | octobre 2018 | Adrien Renaud | Tribunes
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