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Mon exercice > Mémoires d’interne
Fabien Brigant
31 ans, chef de clinique en médecine d’urgence à Paris
What's up doc | numéro 40 | octobre 2018 | Propos recueillis par Idris Amrouche | Mon exercice
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Fabien Brigant, 31 ans, chef de clinique en médecine d’urgence à Paris
Quel est ton premier souvenir d’interne ?

Fabien Brigant. Un interminable débat autour de la liste de garde… Lors duquel j’ai fini par me porter volontaire pour faire la garde du soir même ! C’était la première d’une longue série, si bien que je prenais ma brosse à dents systématiquement le premier jour de tous mes stages !

As-tu un souvenir de garde particulièrement marquant ?

FB. C’était une fin de garde difficile, il était 7h du mat’… Ma co-interne devait faire un BABP (plâtre brachio anté-brachio palmaire – NDLR pour ceux qui ont fui les urgences tant qu’il était encore temps –), elle m’appelle pour que je l’aide à mettre le bras en écharpe car elle n’y arrivait pas… J’arrive, et je découvre qu’elle l’avait plâtré tout droit, à 18° au lieu de 90°. Le patient s’était rendu compte que quelque chose clochait, mais n’avait rien osé dire ; on a piqué un gros fou rire tous les trois ! Dans un registre plus stressant, je me souviendrai toujours d’un retour de bloc post-reprise de greffe hépatique en réa chir’, où on m’annonce guillerettement qu’en fait la greffe n’a pas eu lieu, et que donc le patient revient en anhépatie !

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pendant ton internat ?

FB. Une situation qui m’est arrivée plusieurs fois en stage de SMUR. On est appelé plusieurs fois pour un arrêt cardiaque ; des situations qui génèrent un vrai stress, on roule comme des dingues à 110 km/h à donner le mal des transports, en imaginant aller sur une situation à risque vital engagé. Arrivé sur place, et devancé par les pompiers, on se rend compte qu’il s’agissait en fait d‘une personne âgée décédée depuis plusieurs semaines, chez elle, en état avancé de décomposition… Il ne reste plus qu’à faire le constat de décès. Une situation vraiment étrange, et pas très satisfaisante…

Et ce que tu as préféré ?

FB. Les rencontres avec mes co-internes, à chaque semestre. C’est assez unique ce type de relations qu’on peut nouer, dans un cadre professionnel, mais qui le dépasse largement ! C’est une vraie chance.

Pourquoi avoir choisi la médecine d’urgence ?

FB. J’aime la vivacité dans les prises en charge, l’évolutivité dans les quelques heures, les interactions avec les équipes, notamment la complémentarité avec les paramédicaux… Cette temporalité, extrêmement raccourcie, c’est différent d’une certaine « léthargie » que j’avais l’impression de trouver dans les salles de médecine. Et puis j’adore aussi avoir cet emploi du temps en décalage avec la vie extérieure, qui te permet de faire des choses improbables, comme passer un mardi après-midi dans une expo !

Et alors, pour ou contre la salle de garde ?

FB. Complètement pour ! C’est une des particularités de notre métier, et parfois, les traditions, ça a du bon ! Ces échanges, cette convivialité, c’est l’essence même de la salle de garde, pour moi un réel poumon pour les médecins ; en retrait mais au sein de l’hôpital… Et puis c’est tellement mieux qu’une cantine aseptisée.

Qu’est-ce que tu conseillerais au jeune Fabien qui fait son premier jour à la Fac de médecine ?

FB. Profite de tes études, des cours, mais aussi – et surtout – du reste ! C’est un long cursus, alors il ne faut pas faire que ça. Trouve un équilibre, des soupapes de sécurité et continue à vivre… Et pareil pendant l’internat, et après aussi !
What's up doc | numéro 40 | octobre 2018 | Propos recueillis par Idris Amrouche | Mon exercice
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