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Prévention : la fashion weak
La prévention aux ECNi 2018 : zéro pointé !
What's up doc | numéro 40 | octobre 2018 | Idris Amrouche | Enquêtes
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À l’aube de la réforme du 2e cycle, le ministère de la Santé annonce un travail haute couture en matière d’éducation à la prévention. Cette tendance est annoncée depuis quelques années déjà, mais qu’en est-il dans les faits ? Au final : cette matière est en fait quasi-absente des podiums de l’ENCi week en France.
Qu’on se le dise, l’étudiant en médecine n’a qu’un seul objectif : l’ECN ! Bien que nous vivions peut-être ses derniers jours avec une réforme prochaine, la formation reste centrée sur cet examen crucial pour la carrière. La source essentielle de connaissances est celle des collèges des enseignants de chaque spé et leurs véritables bibles de nos carabins. Mais lorsque l’on jette un oeil aux cours, la part consacrée à la prévention est particulièrement faible.

On trouve bien ici et là quelques lignes, voire paragraphes, sur des points de prévention, mais guère plus. Les items sont mis à jour régulièrement, pour un certain nombre d’entre eux tout au moins, car d’autres ne l’ont pas été depuis plusieurs années. L’examen qui sanctionne et sélectionne les étudiants à la fin de leur cursus correspond officiellement à ce que nous attendons de nos futurs médecins.

Quelle y est donc l’importance accordée à la prévention ? Pour le savoir, What’s up Doc s’est penché sur les ECNi 2018… SEULEMENT 5 QUESTIONS Il y a exactement 5 questions dédiées exclusivement à la prévention, sur 24 dossiers progressifs et 120 QI. Ce qui fait quand même faiblard… quand on sait l’importance du sujet, comme le rappellent allègrement les gouvernements.

Parmi les items dédiés à la prévention – nous ne parlerons pas ici des quelques propositions relatives à la prévention au sein des cas cliniques –, l’une d’entre elles aborde la diététique et les facteurs de risque cardiovasculaire, un classique.

- QUESTION 6 -

La patiente est sédentaire, pèse 70 kgs pour 1,52 m soit un indice de masse corporelle de 30 kg/m2. La pression artérielle est à 133/65 mmHg, la fréquence cardiaque à 45/min. Sa fille vous signale que la patiente a toujours un pouls lent lorsqu’elle prend ses constantes à la maison, entre 40 et 50/min. L'index de pression systolique est à 1,2. HbA1C 7.9%, albumine 31 g/L, CRP 2 mg/L (normale<5), hémoglobine 12 g/dL.

Concernant les facteurs de risque cardiovasculaire de cette patiente, quelle(s) mesure(s) prenez-vous?

A. Régime hypocalorique
B. Régime hypoglucidique
C. Régime hyperprotidique
D. Régime désodé
E. Activité physique adaptée

Autre grand classique, la nutrition du bébé.

- QUESTION 10 -

Avant la sortie, parmi les conseils alimentaires suivants lequel ou lesquels donnez-vous aux parents?

A. Utiliser des biberons stérilisés
B. Les biberons peuvent être préparés avec de l'eau du robinet
C. En cas d'antécédents familiaux d’allergie, l'introduction de l'arachide doit être différée
D. Le lait de vache pourra remplacer le lait infantile à partir de 1 an
E. Il faudra donner 5 fruits et légumes par jour après le début de la diversification

Heureuse surprise, l’une de ces questions concernait le personnel hospitalier.

- QUESTION 74 -

Quelles sont les vaccinations obligatoires pour une infirmière travaillant à l'hôpital dans un service de soins (une ou plusieurs réponses possibles) ?

A. Vaccination pneumocoque
B. Vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite
C. Vaccination contre l'hépatite A
D. Vaccination contre la coqueluche
E. Vaccination contre l'hépatite B

Quant à l’addictologie, elle a fort heureusement eu droit elle aussi à son moment de gloire pour cette question 108.

- QUESTION 108 -

Devant un patient présentant un trouble lié à l’usage d'alcool et opposé à l'idée d'une prise en charge addictologique, quelle(s) attitude(s) caractérise(nt) l'entretien motivationnel ?

A. Donner au patient des arguments en faveur du changement
B. Laisser le patient expliquer ce que apporte l'alcool
C. Exposer le patient à des situations à risque de consommation excessive
D. Identifier les motifs personnels de changement chez le patient
E. Insister auprès du patient sur les risques liés à la consommation d’alcool

Et pour la dernière question de prévention, l’inévitable sujet des vaccins.

- QUESTION 14 -

Vous évoquez un syndrome d'hypersensibilité au cotrimoxazole que vous arrêtez immédiatement. Le carnet de vaccination du patient vous indique qu'il a reçu une vaccination par le BCG à l'âge de 1 mois (les test tuberculiniques par la suite étaient tous négatifs), une vaccination rougeole-oreillons-rubéole (2 injections), et une vaccination diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite dont le dernier rappel a été fait lorsque le patient avait 25 ans. Il vous indique n'avoir jamais eu la varicelle. A visée prophylactique vous conseillez de vacciner le patient avec :

A. Une vaccination anti-grippale vers le mois d'octobre
B. Une vaccination anti-pneumococcique à 2 injections
C. Une vaccination contre la varicelle
D. Un rappel DTP dans le contexte d'immunodépression
E. Un rappel du BCG

Le Gouvernement a donc encore beaucoup de boulot sur la planche. La prévention est, comment dire… quasi-inexistante de nos programmes et ces quelques exemples illustrent le peu d’importance qui lui est accordée.

Absolument tout reste à faire.

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