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Mon exercice > Mémoires d’interne
Mémoire d'interne : Kevin Journiac
What's up doc | numéro 30 | février 2017 | Propos recueillis par Guillaume de la Chapelle • Photo : Lisa Camus | Mon exercice
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Kevin Journiac a 31 ans, et est assistant en psychiatrie dans un service d’addictologie à l’hôpital Paul-Guiraud (Villejuif). Il livre à What's up Doc les souvenirs (récents) de son internat.

What’s up Doc. Quand as-tu eu envie de devenir addictologue ?

Kevin Journiac. Lors de mon stage d’externe en psychiatrie, à Sainte-Anne. J’ai aimé le croisement des visions et des savoirs. J’ai pris conscience de l’importance de l’ouverture d’esprit pour une médecine de qualité.

WUD. Tu as fait le choix de quitter Paris…

KJ. J’avais besoin de bouger ! Ce déménagement est venu concrétiser mon changement de statut : j’allais enfin exercer le métier que j’attendais de pratiquer depuis si longtemps, ne plus uniquement réciter, regarder faire… C’était très curieux de ressentir à la fois l’excitation de cette liberté et la « boule au ventre » de ne pas être à la hauteur !

WUD. Ton premier souvenir d’interne ?

KJ. Ma deuxième garde. Cette nuit-là, j’ai été appelé pour un suicide par pendaison. J’ai été brutalement confronté à la réalité de notre métier. Après avoir aidé l'équipe à dépendre le patient, avoir reçu les patients en état de choc et réalisé des actes procéduraux que j’ignorais jusqu’alors, j’ai accueilli en même temps la famille du patient et le gars des pompes funèbres qui débarquait en chemise hawaïenne, très en avance, en lançant : « Il est où vot' macchabée ? ». Rien ne prépare à ça !

WUD. Qu’as-tu préféré pendant ton internat ?

KJ. La proximité avec les équipes. Pour moi l'internat a été un compagnonnage quotidien avec les paramédicaux qui nous encadraient. C’est d’ailleurs essentiellement grâce à eux que j’ai surmonté les « coups de chaud », dont celui que je viens d’évoquer.

WUD. Et ce qui t’a le plus choqué ?

KJ. Une histoire sordide. Je prends en charge  un jeune adulte diagnostiqué schizophrène, placé en chambre d’isolement dans un contexte suicidaire. Lors de notre premier entretien, il me confie avoir subi de graves sévices sexuels de la part d’un soignant… J’ai immédiatement prévenu mon chef et fait un signalement. L’équipe, moi inclus, a été tenue au secret. Je n’en ai même pas parlé à mes co-internes. Non seulement cette solitude me pesait, mais en plus je me suis rendu compte que la procédure en était restée là. Une omerta totale. Cela m’a miné au point de songer à changer de métier ! Ce que je n’ai finalement pas fait…

WUD. Qu’est-ce qui t’a décidé à ne pas le faire ?

KJ. Cette même prise de conscience : la constatation que certains psys étaient conformes aux pires préjugés. Cela m’était d’autant plus insupportable que j’avais jusqu’alors idéalisé cette spécialité. J’ai pris le contrepied de ce désenchantement et voulu être à la hauteur de l’image que je me faisais de notre métier. Je ne l'ai jamais regretté. D’ailleurs, deux ans plus tard, j’ai revu le même patient, pour qui j’ai finalement infirmé le diagnostic de schizophrénie. Il m’a remercié de l’avoir 
pris en compte, m’a dit que je l’avais sauvé.

What's up doc | numéro 30 | février 2017 | Propos recueillis par Guillaume de la Chapelle • Photo : Lisa Camus | Mon exercice
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