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Tribunes > Chronique pour une autre médecine
Le médecin face à la religion transhumaniste
What's up doc | numéro 28 | octobre 2016 | Dr Laurent Alexandre* | Tribunes
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Demain, certains patients ne se satisferont plus du rôle de restauration des capacités humaines que joue traditionnellement la médecine. Ils s’attendront à ce que leur praticien soit en mesure d’offrir à leur corps de nouvelles possibilités. Et pour nous, ça change tout.

Après le polythéisme des Romains et des Grecs, après le monothéisme des religions du Livre, émerge un troisième âge : la religion de l'homme-dieu. Pour les transhumanistes en effet, l’homme sera le dieu de demain, doté de pouvoirs quasi infinis grâce aux fameuses NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique, sciences cognitives). 

Les adeptes de cet homme augmenté pensent que l’humanité va réaliser ce que seuls les dieux étaient supposés pouvoir faire : modifier notre génome, reprogrammer notre cerveau et euthanasier la mort. Voilà qui saurait d’autant moins laisser les jeunes médecins indifférents que certains des plus grands noms de la Silicon Valley figurent parmi les promoteurs de cette nouvelle religion.

La maladie, ce lointain souvenir 

« Dès les années 2030, nous allons, grâce à l’hybridation de nos cerveaux avec des nano-composants électroniques, disposer d’un pouvoir démiurgique », prophétisait en octobre 2015 Ray Kurzweil, ingénieur en chef de Google. « Il est urgent que nous hybridions notre cerveau pour ne pas être écrasés par l’intelligence artificielle », surenchérissait en juin dernier Elon Musk, patron de Tesla Motors. Pour les transhumanistes, un citoyen peut décider seul des modifications qu’il souhaite apporter à son cerveau, à son ADN ou à son corps au fil des avancées de la science. La maladie et le vieillissement ne sont d’après eux pas une fatalité.

Ils considèrent l’homme comme un terrain d’expérimentation pour les NBIC : un être en perpétuelle évolution, perfectible et modifiable jour après jour par lui-même. L’homme du futur tel qu’ils le voient serait comme un site web : une éternelle version bêta, un organisme-prototype voué à se perfectionner en continu.

Le médecin, bras armé des transhumanistes ?

Cette nouvelle religion bouleverse le rôle du médecin. Car dans l’optique des transhumanistes, la médecine ne vise plus à réparer, mais à augmenter une sorte d’homme 2.0. La fusion de la biologie et des nanotechnologies transformera le médecin en ingénieur du vivant et lui donnera un pouvoir inouï sur notre nature biologique.

Que devons-nous faire ? Assumer un changement radical de notre rôle en devenant le bras armé, la cheville ouvrière des transhumanistes ? Ou lutter contre la Silicon Valley avec les bioconservateurs, qui prônent la limitation des manipulations de l’humain ? Nous allons devoir trancher !

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Twitter : @dr_l_alexandre
laurent.alexandre@dnavision.be

*Chirurgien urologue et énarque, le Dr Laurent Alexandre dirige DNA Vision, entreprise belge spécialisée dans la génétique. Au fil de ses ouvrages et de ses interventions médiatiques, il analyse le futur de la médecine sous tous les angles.

What's up doc | numéro 28 | octobre 2016 | Dr Laurent Alexandre* | Tribunes
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Loic E
Inscrit depuis le 26 novembre 2016

Transhumanisme ou posthumanisme ?

Dans ce terme de "transhumanisme" se cache la notion de passage d'un état à un autre, de l'Homme actuel à un Homme Augmenté grâce à la technique. On peut s'étonner que l'objectif du transhumanisme soit limité à vivre seulement plusieurs centaines d'années. Pourquoi pas l'éternité ? Est-ce un problème de technique ? De lassitude de vivre ? Ou simplement parce que les promoteurs n'y croient pas vraiment ? On est bien dans la croyance en la Science comme on croit en Dieu. Après la mort de Dieu, voici donc venir la mort de l'Homme. L'enveloppe charnelle envahie par la terreur de devoir disparaître un jour, s'invente une sorte d'immortalité à durée restreinte. De quoi allons-nous bien pouvoir mourir, si les avancées de la Science nous le permettent ? De solitude, puisque seuls quelques privilégiés pourront en profiter ? D'un bug biologique ? A moins que ce soit finalement d'un ennui profond qui mènerait au suicide salvateur ? Je suis heureux d'être mortel, heureux et fier d'être un Homme.

samedi 26 novembre 2016 à 16:37
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