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Sus aux charlatans !
Un collectif de médecins dénonce la « fake médecine »
Santé publique | 19 mars 2018 | Jonathan Herchkovitch
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Plus d’une centaine de médecins, dont de nombreux généralistes, ont signé une pétition adressée à l’Ordre, demandant la fin de l’état de grâce pour les médecines alternatives, et de la tolérance pour les praticiens qui en abusent.

Le débat est sans fin dans l’opinion publique comme chez les médecins, mais il n’est pas fréquent de voir la communauté médicale monter au créneau pour s’indigner de la place qui est encore accordée aux médecines alternatives dont l’exercice ne repose sur aucune preuve scientifique.

Cette fois, c’est fait ! Un collectif a créé un hashtag sur Twitter, #FakeMed, et un site internet où il est possible de signer une pétition, dénonçant leur place au sein de la médecine française, et réclamant la fin de la tolérance.

Elle semble fonctionner : 124 médecins de différentes spécialités l’ont déjà signée publiquement – ils seraient 450 ce matin, d’après les informations de l'APMnews. Parmi les signataires, quelques noms bien connus sur la twittosphère, comme Jean-Jacques Fraslin, Borée ou Qffwffq, qui ont également relayé le hashtag.

Des pratiques ésotériques

« Nous sommes un groupe de professionnels de santé aux spécialités et aux modes d'exercice très divers », précise le texte qui accompagne la pétition. « Notre point commun est de penser que la médecine doit adapter ses pratiques aux faits, et de chercher à diffuser ces faits en la vulgarisant via des vidéos Youtube, des blogs, ou encore par le biais des réseaux sociaux ».

« Face à des pratiques de plus en plus nombreuses et ésotériques, et à la défiance grandissante du public vis-à-vis de la médecine scientifique, nous nous devions de réagir avec force et vigueur », ajoutent les médecins, qui ciblent notamment l’homéopathie.

Ils reprochent au Conseil de l’Ordre, mais aussi aux facultés, aux hôpitaux et au pouvoir législatif de cautionner ces pratiques. « Nous pensons que [les pseudo-médecines] ne devraient pas bénéficier de la caution du statut de médecin ou même plus largement de professionnel de santé […] et permettre à des vendeurs d'illusions de prospérer quand nous nous attelons par ailleurs à prodiguer des soins bénéficiant du meilleur niveau de preuve possible ».

Une lutte vaine, peut-être, dans le pays du géant Boiron et où plus de la moitié des habitants y ont recours.

Ce lundi, le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF) a répondu à l'initiative, et à l'exposition qu'elle a eu dans une tribune du Figaro. Dans un communiqué au ton inhabituel, et après avoir rappelé le contenu des revendications des 124 signataires, il explique que « selon cette prise de position, plusieurs milliers de médecins se seraient délibérément détournés de leur formation scientifique et de l’éthique de leur exercice pour verser dans la "pseudo-médecine". Depuis 1932, le Syndicat national des médecins homéopathes français a si souvent répondu aux arguments médicaux, scientifiques et réglementaires avancés par les adversaires de l’homéopathie qu’il est devenu inutile de le faire ».

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L’homéopathie : à bannir ?

La lutte contre l’homéopathie se concentre sur les preuves de l'absence d'efficacité des médicaments homéopathiques, mais oublie la manière dont elle s’insère dans le système de santé français.

Une particularité s’inscrit dans notre patrimoine médical : sans médicament, on ne guérit pas. Neuf consultations médicales sur dix se terminent avec une prescription, contre quatre aux Pays-Bas, par exemple. La faute aux patients, qui n’hésitent pas à aller voir ailleurs lorsque leur médecin ne leur a rien prescrit. Peut-être aussi au manque de valorisation de l’éducation thérapeutique, souvent par manque de temps.

La pratique homéopathique a été validée par l’étude Epi3-Laser – commandée par les laboratoires Boiron, mais validée de manière indépendante – sur un échantillon de 825 médecins et 8 559 patients souffrant de douleurs musculo-squelettiques. Les patients des homéopathes (qui prescrivaient aussi de l’allopathie) étaient en aussi bonne santé que les autres (voire légèrement meilleure), mais ils consommaient deux fois moins d’anti-inflammatoires pour les affections aigües, et trois fois moins pour les douleurs chroniques.

Et c’est là que les médicaments homéopathiques peuvent avoir une utilité, même si c’est difficile à entendre pour des professionnels de santé entraînés à la pharmacologie. C’est en tout cas l’un des arguments de ses défenseurs : elle permet de limiter le recours à l’allopathie, lorsque celle-ci n’est pas nécessaire. Avec un gain en terme de santé pour les patients, et d’économies pour l’Assurance Maladie, compte-tenu du prix dérisoire du médicament homéopathique (0,4 % des dépenses).

Avec une éducation thérapeutique performante et plus de temps pour des consultations, le recours à l’homéopathie serait plus difficile à justifier. Mais il peut sembler opportun pour d’autres, qui le soutiennent ou se gardent de le critiquer, comme prescription de substitution.

Au-delà de l’homéopathie, des études montrent qu’une partie des médecins français seraient même favorables à l’utilisation d’un placebo comme leurre. De deux manières : sans que le patient soit au courant du statut de placebo, comme le préconise le Dr Bennet Foddy du département d’éthique scientifique de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni), ou même avec son consentement, comme le préconise un rapport de la commission d’éthique de l’Association médicale américaine.


Santé publique | 19 mars 2018 | Jonathan Herchkovitch
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