CLASSEMENT 2017-2018 DES CHU ET DES SPÉCIALITÉS

VOTRE CV EN LIGNE

Facile, pratique,
confidentiel et gratuit
rechercher
TROUVER UN POSTE
OU UN REMPLA'

rechercher
Vous devez choisir un critère
TROUVER SA FORMATION

voir les formations
TROUVER SA BOURSE
DE RECHERCHE

Bourse Prix

voir les bourses de recherche
Les Urgences craquent à Troyes et Reims
Et un peu partout, en fait…
Santé publique | 8 mars 2018 | Jonathan Herchkovitch
Réagir/commenter Ajouter aux favoris Envoyer Imprimer    Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn+  Partager
Deux évènements consécutifs montrent l’état de tension des Urgences en France. Mardi matin, l’Hôpital de Troyes a déclenché le plan blanc en raison de l’afflux de patients. Le même jour, à Reims, une femme de 73 ans est décédée 2h30 après son admission, alors qu’elle n’avait pas encore été prise en charge.

Un peu partout en France, les hôpitaux font face à une surfréquentation de leurs Urgences. À Auch, à Bordeaux, à Nevers, en région parisienne, les grèves de personnels des Urgences se sont multipliées depuis un an. Et la situation ne semble pas s’améliorer.

Le 6 mars, deux nouveaux incidents sont venus s’ajouter à la liste des dysfonctionnements des services. À Troyes, l’affluence de patients a contraint la direction à appliquer son plan blanc, qui prévoit de mobiliser, de manière exceptionnelle, davantage de personnel hospitalier. Mardi encore, non loin de là, à Reims, une femme est décédée sur son brancard, après deux heures et demie d’attente. Elle n’avait pas été prise en charge.

Du personnel en renfort

Déjà sous tension, le centre hospitalier de Troyes avait déclenché son plan blanc les 6 et 7 janvier derniers, en pleine crise épidémique de grippe et de gastro-entérite, rapporte l’Est éclair. Mardi matin, la situation était à nouveau compliquée. Une quinzaine de patients attendaient sur des brancards, et autant étaient temporairement parqués en service de chirurgie. Plus de vingt patients occupaient les salles d’examens.

Face à la situation, la direction a décidé de déclencher le plan blanc en début d’après midi, permettant la mobilisation d’infirmiers, d’aides-soignants et d’un médecin supplémentaire pour la régulation. Un autre médecin de l’hôpital de Bar-sur-Aube a été appelé en renfort.

La faute à pas de chance

Le jour même, vers 16 heures, une femme de 73 ans est admise au CHU de Reims, emmenée par des ambulanciers. « À 18 h 30, après déjà 2h30 d’attente aux Urgences pour la prise en charge de la personne qu’ils ont amenée, celle-ci a fait un malaise », relate Nourredine Boubidar, gérant de la société d’ambulances qui l’a transportée, interviewé par l’Union. « Un arrêt cardiaque. Le personnel médical de l’hôpital a entrepris la réanimation à même le brancard. Le cœur n’est pas reparti. Cette personne est décédée ». Une enquête est en cours.

« Aucun dysfonctionnement n’a été constaté, toutes les personnes étaient à leur poste et la chaîne de décisions s’est effectuée convenablement », répond l’hôpital. « Il y a eu, malheureusement, quatre urgences vitales à traiter en même temps que la septuagénaire, qui, à son arrivée, avait été diagnostiquée dans un état stable. Les soins appropriés lui ont été administrés quand son état s’est aggravé ».

Blame it on the boogie

Plusieurs causes pour cet afflux particulier. Les épidémies saisonnières qui traînent dans la durée, mais aussi un nombre important de patients âgés en provenance des Ehpad. Les services d’Urgences enregistrent des pics lors des périodes de vacances, en partie en raison du manque de personnel soignant dans les Ehpad – déjà visible hors vacances. Les établissements renvoient leurs résidents dont l’état de santé se dégrade vers les hôpitaux.

Mais que le CHU de Reims soit jugé responsable ou non dans ce cas précis, l’engorgement des Urgences représente un véritable danger de santé publique, pour les patients comme pour les professionnels de santé, dont l’épuisement se constate un peu partout.

« À Troyes, la situation est telle, depuis une quinzaine de jours, que les médecins et le chef de service ont rédigé une note aux patients », explique Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), contacté par What's up Doc. « Ils présentent leurs excuses pour le défaut de prise en charge ». Il rappelle également un cas datant de 2014 : celui d’une patiente de l’Hôpital Cochin, qui était décédée dans un fauteuil sans que personne ne s’en aperçoive, pendant au moins cinq heures. « Quand vous avez des délais d’attente qui s’allongent, et pas de possibilité de surveillance, statistiquement, ces cas seront de plus en plus fréquents ».

Les directeurs à la lanterne

Ces situations de tension sont en effet loin d’être exceptionnelles. « Ça craque de partout », ajoute l’urgentiste, qui qualifie la situation de « maltraitance institutionnelle ». Il accuse une nouvelle fois la politique de fermeture de lits et de restrictions budgétaires, responsables de cet engorgement des services d’Urgences.

« Il a fallu 62 jours de grève à l’Hôpital Saint-André de Bordeaux pour obtenir les postes demandés », déplore-t-il. « Nous avons dû faire irruption au comité CHSCT, et j’ai fait comprendre au directeur qu’il serait tenu légalement responsable en cas d’incident ».

Remonté, Christophe Prudhomme souhaiterait que les responsables hospitaliers, comme Martin Hirsch (DG de l'AP-HP) qu’il nomme, « aillent devant les tribunaux » afin qu’ils répondent de leurs décisions managériales.

Retrouvez ci-dessous La Consult’ de Christophe Prudhomme par WUD !
Santé publique | 8 mars 2018 | Jonathan Herchkovitch
Réagir/commenter Ajouter aux favoris Envoyer Imprimer    Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn+  Partager