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François Fillon veut laisser les mains libres aux hôpitaux
Ces mesures santé qui nous intriguent (épisode 4)
Public | 21 avril 2017 | Bruno Martrette-Gomez
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Dans ses propositions "santé" pour la Présidentielle de 2017, le candidat de la droite et du centre François Fillon a expliqué qu’il souhaitait donner plus d’autonomie aux hôpitaux publics. L’objectif, améliorer leur efficacité et les conditions de travail des personnels hospitaliers. Son porte-parole santé, le Dr Jean Leonetti, nous explique ce qui changerait pour les personnels hospitaliers. 

Toujours en course pour le second tour d’après les derniers sondages, François Fillon a fait rentrer la santé dans le débat présidentiel. Pendant la Primaire de la droite et du centre, on se souvient qu’il avait égrené des propositions chocs dans ce domaine. Celle de faire rembourser le gros risque des Français par l’Assurance maladie et le petit par les complémentaires avait fait bondir les défenseurs du modèle actuel de Sécurité sociale. Mais l’homme de la Sarthe s’est aussi heurté aux professionnels.

En proposant, un temps, de faire travailler davantage certains personnels hospitaliers sans contrepartie. Depuis, l’ex-Premier ministre s’est ravisé. Il a largement adouci son programme médical avec des mesures plus consensuelles. Dans son ordonnance pour la France figure notamment l’autonomie des hôpitaux. A deux jours du premier tour de la Présidentielle de 2017, What’s Up Doc (WUD) a interrogé son porte-parole santé. Le Dr Jean Leonneti nous explique les changements que cette mesure occasionnerait dans le quotidien des médecins.

 

What's up Doc. Quel est l’objectif de cette proposition ? 

Jean Leonetti. Cette proposition émane d’un constat. Aujourd’hui, on voit bien qu’il n’y a pas de contrat d’objectifs entre les Agences Régionales de Santé (ARS) et les hôpitaux. Et il n’y pas non plus de confiance entre ces deux acteurs. De ce fait, les ARS pénètrent à l’intérieur de la gestion même de chaque hôpital et quelquefois entravent leur efficacité et leur efficience. Notre idée est simple : nous voulons que les hôpitaux aient davantage de liberté de gestion. Dans ce cas, leur organisation serait proche de celle utilisée actuellement par les établissements de santé privés à but non lucratif (ESPIC).

 

WUD. Concrètement, quelle organisation se mettrait en place ?

JL. Par exemple, les directions auraient les mains libres en matière de recrutement. J’ai vu récemment dans un CHU un blocage de la masse salariale médicale qui empêchait un directeur de recruter un médecin de grande qualité. Ce praticien aurait pourtant trouvé à cet endroit les outils et le matériel nécessaire pour pouvoir fonctionner. On voit bien que l’on a besoin de beaucoup plus de liberté et en particulier en matière de recrutement. Les médecins sont les premiers concernés. Quelquefois, en début de carrière, ils ont des salaires qui sont très peu attractifs dans les hôpitaux. L’autonomie permettrait donc de recruter des gens de qualité en leur donnant une rémunération correspondante à leurs compétences.

 

WUD. Et concernant le temps de travail que changerait l’autonomie ?

JL. Elle permettrait aussi une plus grande liberté dans ce domaine. Vous avez encore dans certains hôpitaux des heures supplémentaires non payées qui s’accumulent. Dans ces établissements, il vaudrait mieux que le directeur négocie directement avec son personnel pour une augmentation du temps de travail. Cette discussion permettrait la rémunération de ces heures effectuées et jamais rémunérées. De plus, je veux rassurer, il n’y aura pas de conflit à ce sujet car il y aura un dialogue secteur par secteur. Et s’il est fructueux pourquoi ne le ferait-on pas ? Il faut bien comprendre que tous les hôpitaux sont différents. En termes de besoins et d’objectifs, l’hôpital d’Antibes (en équilibre) n’a en effet rien à voir avec l’AP-HP (en déficit) qui fait beaucoup de recherche et de formation. Liberté et responsabilité sont nos deux mots d’ordre. Il faudra faire confiance aux directeurs d’établissements pour aller vers plus d’efficience dans les équilibres budgétaires. Si elle n’est pas obtenue, l’équipe dirigeante sera engagée dans sa responsabilité.

 

WUD. Comment va-t-on financer ces hôpitaux autonomes ?

JL. L’indice "qualité" dans la T2A est beaucoup trop faible. Dans un système d’autonomie, si on défend l’efficience on défendra automatiquement la pertinence des actes. Le but c'est de privilégier la qualité à la quantité et donc à l’activité pure. Il faudra de facto que l’on change, en partie, les règles du jeu pour faire non pas du toujours plus, mais du toujours mieux. Par ailleurs, les directions d’hôpitaux pourront faire des contractualisations avec le privé. Le chantier de la prévention devra être ici prioritaire.


WUD. Des mesures complémentaires à l'autonomie seront nécessaires ?

JL. Oui, nous devrons en parallèle transformer les groupements hospitaliers de territoire (GHT) en groupements de santé de territoire (GST). L'idée sera de les ouvrir aux maximum aux cliniques privés et aux médecins libéraux et faciliter ainsi la coopération de tous les professionnels de santé au service des patients. Le système actuel marche sur la tête. Je rappelle que l’autonomie est réclamée par pratiquement tout le monde hospitalier et notamment la FHF. Mais l’hôpital public continuera à ne pas choisir les pathologies et les patients. Le service public hospitalier conservera toujours une contrainte supplémentaire qui ne doit pas l’empêcher de s’ouvrir à d’autres systèmes.
Public | 21 avril 2017 | Bruno Martrette-Gomez
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