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Brute ou pas brute, épisode 4 : Cécile Monteil
La maltraitance vue par les médecins
Système de santé | 19 octobre 2016 | Propos recueillis par Yvan Pandelé
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À la suite de la publication par Martin Winckler de Brutes en blanc, son livre dénonçant la maltraitance médicale, la rédaction a décidé de donner la parole aux accusés. Aujourd’hui, c’est le Dr Cécile Monteil qui répond à nos questions.


La publication de Brutes en blanc, le livre de Martin Winckler dénonçant la maltraitance médicale, a suscité une immense polémique. La rédaction estime qu'il est aussi caricatural de considérer tous les médecins comme des brutes que de nier l’existence de la maltraitance. Nous avons donc décidé de faire parler le terrain en demandant à des praticiens de réfléchir à la question à partir de leur propre expérience. Après Dominique Dupagne, Baptiste Beaulieu, et Christian Lehmann, c’est le Dr Cécile Monteil, urgentiste en pédiatrie, fondatrice du réseau Eppocrate et spécialiste des nouvelles techno en santé, qui s’est prêtée à l’exercice.


What’s up Doc. Avez-vous en mémoire une situation dans laquelle vous avez pu vous conduire de manière inappropriée, de sorte que votre patient voie en vous une « brute » ?

Cécile Monteil. Quand j'étais jeune externe en deuxième année, on m'a entrainée à poser un cathéter sur la main d'une patiente sous anesthésie générale, au bloc. Je me souviens d’avoir eu honte à la visite le lendemain, et d’avoir cherché furtivement les petits bleus sur sa main gauche. On m'a aussi fait pratiquer plus de touchers rectaux qu'il n'en fallait, sur des patients éveillés mais qui ne pouvaient pas vraiment juger de ce qui était nécessaire ou pas. Ce n'était pas « brutal », mais c’est une forme insidieuse de maltraitance.

WUD. À titre personnel, comment faites-vous pour vous prémunir contre la maltraitance ?

CM. Je pratique à mi-temps, donc je ne m'essouffle jamais de faire ce métier que j'aime tant. C'est une chance : quand je vois les conditions de travail de certains collègues, je comprends qu'ils puissent être épuisés et moins « humains ». Aux urgences pédiatriques, c’est facile, je craque toujours devant la bouille des enfants. Quant aux parents, je pars du principe qu'ils sont là car ils sont vraiment inquiets. Nous sommes là pour prendre soin des patients et des familles : les soigner, mais aussi les regarder dans les yeux, leur expliquer ce qu'il se passe, pourquoi on prescrit tel examen ou tel traitement. Savoir qu'en sortant, ils ont compris le diagnostic, la prise en charge et qu'ils sont soulagés, est pour moi la plus grande reconnaissance.

WUD. Quelles peuvent être selon vous les raisons de la maltraitance ?

CM. Pour moi la raison est claire : nous n'apprenons pas la relation médecin-patient lors de nos études. Les personnalités empathiques et patientes deviennent de bons communicants, mais c'est loin d'être le cas de tout le monde. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai choisi de travailler dans le centre de simulation en santé iLumens. Nous y formons les étudiants et les soignants en exercice à la relation médecin-patient, grâce à des acteurs professionnels. Ils peuvent ainsi s’entraîner à l'annonce de la mort d’un proche ou d'un diagnostic grave, ou tout simplement apprendre à se comporter devant un patient. Contrairement à ce que l'on peut penser, l'empathie et la communication s'apprennent et se travaillent !

WUD. Pensez-vous que Martin Winckler ait raison d'attirer l'attention du public sur cette maltraitance ?

CM. Martin Winckler joue ici un rôle de lanceur d'alerte, mais sa méthode risque de créer plus de mal que de bien. Cela génère chez les patients un sentiment de peur et de colère vis-à-vis des soignants, et un sentiment d'incompréhension et d'attaque chez les médecins. Pourquoi vouloir créer un gouffre entre les deux plutôt qu’un pont ? Martin Winckler critique, mais il ne consulte même plus depuis de longues années. Est-ce comme ça qu’il contribue au système ? Oui, la maltraitance chez les soignants existe – tout comme la maltraitance des soignants eux-mêmes, d'ailleurs – mais attelons-nous au problème en trouvant des solutions plutôt qu'en criant au scandale. C’est d’ailleurs plus dans ce sens qu’allaient ses autres bouquins.

 

Pour lire le premier épisode de notre série  «  Brute ou pas brute ? » avec Dominique Dupagne, c'est par ici ! Et pour le deuxième, avec Baptiste Beaulieu, c'est par là ! Quant au troisième, avec Christian Lehmann, il vous attend ici.


Photo d'illustration : Olivier Ezratty.
Système de santé | 19 octobre 2016 | Propos recueillis par Yvan Pandelé
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